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vendredi 19 avril 2013

[Entretien avec...] Patrice Verry 2/2

Vendredi dernier, vous faisiez la connaissance de Patrice Verry, alias l'Homme au Chapeau, dont la personnalité rayonnante et la plume virtuose ne peuvent laisser indifférent. Suite et fin de cet entretien...

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Ah, d'ailleurs, il faut d'ailleurs que je me procure l'artbook de Fleurine, il a l'air superbe et le sommaire est très alléchant.
Sinon, je vois que tu as écrit beaucoup de nouvelles avant de te lancer dans le roman... y a-t-il une raison particulière à cela ?

La nouvelle est une forme courte qui permet d'obtenir un résultat rapidement. Un roman nécessite beaucoup de travail. Le premier que j'ai écrit sérieusement m'a pris 5 ans (de 1997 à 2002), et il faudrait que je le retravaille pour qu'il soit publiable. Je suis toujours sidéré quand je vois des auteurs qui en écrivent plusieurs par ans.
Ou comme pour tes "nuits d'écriture" où il faut avancer dans le texte sans se retourner. Je ne sais pas faire ça. À un moment je finis par sortir de l'histoire, ne plus la ressentir et mon imagination se bloque. Je travaille par couches successives. Les héros, le décor, les motivations, la cohérence, les péripéties. À un moment il faut que je passe la deuxième couche, même si je n'ai pas terminé le texte. Il faut donc revenir en arrière ce qui fait baisser la productivité.
Pour finir, j'ai du mal à me concentrer sur la même chose pendant plusieurs mois. Il me faut des parenthèses. Bon, d'accord, l'année dernière les parenthèses ont pris plus d'importance que l'écriture du roman  Ce n'est pas grave. J'ai pris beaucoup de plaisir à imaginer toutes ces histoires.
Cela dit, même si la forme nouvelle se prête plus à un aboutissement rapide, ce n'est pas pour autant qu'elle sera publiée rapidement. La concurrence est rude quand on répond à un appel à textes.

C'est certain qu'on vient plus facilement à bout d'une nouvelle que d'un roman. Ce n'est toutefois pas un exercice facile et je pense que les apprentis nouvellistes qui nous lisent seront d'accord. D'ailleurs, en tant que nouvelliste confirmé et plusieurs fois publié, quels conseils peux-tu donner aux auteurs qui souhaiteraient se lancer dans l'écriture de nouvelles ?
 
Hé Hééé ! La question piège !
Hélas ! Je n'ai pas de recette toute faite.
La première question à se poser, sans doute est : veut-on écrire pour soi ou pour être publié (et donc s'offrir en pâture à des lecteurs qui ne penseront pas forcément du bien de votre œuvre).
Si l'on veut être publié, il faut passer la barrière de la "timidité". Il important d'écrire ce que l'on a envie d'écrire, sans se mettre des restrictions (sinon on n'y prend pas de plaisir).
Il faut accepter  le regard d'un bêta-lecteur : pas quelqu'un de la famille ou un ami qui n'osera peut-être pas donner son avis sans concession, mais quelqu'un d'extérieur qui fera des remarques nécessaires, parfois désagréables, mais avec tact et dans le but d'aider l'écrivain à donner le meilleur de lui-même. C'est bien entendu quelqu'un qui s'interdira de réécrire à la place de l'auteur.
L'écrivain devra être capable d'accepter ces commentaires sans se sentir agressé dans sa personne : il peut arriver que l'on écrive de très mauvais textes, il faut savoir accepter cela, ce n'est pas pour autant que l'écrivain lui-même est un mauvais individu. Quoi qu'il en coûte, il est important de savoir séparer la critique de l'œuvre et celle de l'artiste en tant qu'être humain.
Ensuite il faut travailler. Il est donné à peu le don inné de savoir écrire. Je ne parle pas de grammaire et d'orthographe. Raconter une histoire ce n'est pas seulement aligner des mots en bon français. C'est donner aux lecteurs (enfin, à certains lecteurs, car il est rare de plaire à tout le monde) la possibilité d'entrer dans son histoire. La principale critique que je ferais aux jeunes auteurs, c'est le manque de tension, le fameux "show don't tell" (montrer plutôt que dire).
Par exemple, si j'écris "Le tigre sort du buisson et le héros a peur", ce qui est sûr, c'est que lecteur, lui n'a pas peur.
Dans ce qui suit, je ne dis pas que le héros a peur, mais on le voit à ses réactions. Et quelques petits détails montrent au lecteur que le héros est vraiment dans la... dans les ennuis quoi !
"Le héros se fige. Malgré la fraicheur ambiante, il commence à transpirer. N'a-t-il pas vu les buissons remuer ? Trop tard pour retourner à l'autre bout de la clairière, où il a stupidement laissé son fusil. Quand les crocs franchissent la barrière du fourré, il sait qu'il n'aura pas le temps d'atteindre le refuge de l'arbre voisin. De chasseur il est devenu proie."
Bon !  Si c'est le héros, il faudra quand même trouver un moyen de le sortir de là, sinon le lecteur ne va pas être content
Ce qui est sûr, c'est que chacun possède sa propre manière d'accrocher le lecteur, il n'y a pas une seule recette. Il faut y mettre ses tripes, et nous n'avons pas tous les mêmes tripes.
Après il y a la soumission à un éditeur, à un anthologiste (si l'on a répondu à un appel à texte). La concurrence est rude, comme je l'ai dit plus haut. Un refus n'est pas une déchéance. C'est dans l'ordre des choses, c'est une occasion de s'améliorer, de mieux cibler ses envois, de passer à un autre thème (parfois il ne faut pas s'acharner sur un texte uniquement parce qu'il nous tient à cœur)
Et si vous vous voulez une petite histoire drôle (mais assez vraie) sur la différence entre le paradis et l'enfer des écrivains, je vous livre celle-ci:
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Un écrivain arrive devant Saint-Pierre.
-Vos bonnes et vos mauvaises actions s'équilibrent, lui dit le gardien des clés du royaume des cieux. Nous allons vous laisser choisir entre l'enfer et le paradis des écrivains. Que voulez-vous visiter en premier.
-L'enfer, répond l'écrivain. Ça sera fait.
Ils descendent donc dans les profondeurs, passent une porte gigantesque et là, c'est l'horreur. Des milliers d'écrivains sont enchaînés devant leur poste de travail, avec leurs plumes, crayons, stylos, machines à écrire, ordinateurs... Ils écrivent frénétiquement tandis que de petites flammes leur lèchent les poignets et qu'ils sont fouettés par des démons.
-Ah non ! s'exclame l'écrivain. C'est vraiment trop dur. Allons voir le paradis.
Ils remontent et parviennent devant une nouvelle porte.
Quand ils la franchissent, l'écrivain ne peut en croire ses yeux :
Des milliers d'écrivains sont enchaînés devant leur poste de travail, avec leurs plumes, crayons, stylos, machines à écrire, ordinateurs... Ils écrivent frénétiquement tandis que de petites flammes leur lèchent les poignets et qu'ils sont fouettés par des démons.
-Mais, dit l'écrivain, je ne comprends pas. C'est la même chose qu'en bas !
-Ah non ! Répond Saint-Pierre. Ceux-ci sont publiés !!
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Bon courage !

Quelle est ton actualité littéraire sinon ? Y a-t-il de nouvelles parutions que nous devrions guetter cette année ?

Pour 2013, en dehors des deux textes que j'ai cités plus haut, il faut attendre encore "Une visite au Mont Saint-Michel" à paraître dans l'anthologie "Riposte-apo" pour notre convention imaJn'ère 2013 (http://imajnere.blogspot.fr). Bien que le titre ne l'évoque pas intuitivement, il s'inscrit dans cette antho post apocalyptique et débute 7 milliards d'années dans le futur (je n'ai peur de rien).
Une deuxième nouvelle doit également être publiée au premier semestre, mais je ne peux pas en dire plus tant que le sommaire de cette publication n'est pas officiellement connu (il faut bien un peu de mystère).
Ensuite, si je parviens à tenir les promesses que je me suis faites à moi-même, rien jusqu'à la sortie du roman que je prévois pour 2015 (terminer l'écriture, passer par un cycle de corrections, trouver un éditeur... Il faut du temps).
Cela dit, sur ces deux années à venir, j'aurai sans doute besoin de parenthèses pour ne pas devenir plus fou que je ne le suis déjà. Mais je suis bien incapable de dire aujourd'hui quelles formes elles prendront.

Merci Patrice pour ces réponses !! Et ton temps et ta générosité !

Quoi qu'il en soit, je te remercie chaleureusement de m'avoir donné la parole dans les colonnes de ton blog et te souhaite toute la réussite possible pour tes propres publications.

vendredi 12 avril 2013

[Entretien avec...] Patrice Verry 1/2

Bonjour à tous ! En ce vendredi que j'espère ensoleillé du côté de chez vous, voici un bonus de bonne humeur et de joie de lire : une interview exclusive avec Patrice Verry, dont j'avais beaucoup apprecié les différentes nouvelles dans les anthologies U-chroniques, Les robots sont-ils vraiment nos amis ?, et Vampire malgré lui. Des textes à chaque fois surprenants, aux chutes inattendues, aux thèmes intéressants... il ne m'en fallait pas plus pour demander une interview à celui que tout le monde surnomme L'Homme au chapeau ! ;-)

Publication de l'interview en deux parties : aujourd'hui, et vendredi prochain ! ^^

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Bonjour Patrice, et encore merci d'avoir accepté cette interview ! Nous on se connait un peu, mais pourrais-tu te présenter brièvement pour les lecteurs de SFFF100%VF ?

Je suis né en 1953, au précédent millénaire donc. Les trains étaient encore tirés par des machines à vapeur, et ce n’était pas steampunk. Je suis sans doute tombé dans la Science-Fiction quand j’étais petit (ou peut être avant), mais ce n’est qu’à partir des années 70 que je me suis mis à dévorer tous les livres du genre qui passaient à ma portée. À l’époque, dans ce milieu extraterrestre, il fallait être fanéditeur ou organisateur de convention. J’ai donc fait les deux. Le fanzine « VOPALIEC SF » a débuté en 1979 et la convention de SF d’Angers a eu lieu en 1985. À force de hanter les festivals et les salons liés à la SF, au fantastique ou à l’imaginaire, avec un couvre-chef qu’on ne peut plus oublier après l’avoir vu une fois, on finit par me surnommer « L’Homme au Chapeau », ce qui n’est que justice, puisque ce chapeau est plus connu que son propriétaire.
Chroniqueur régulier du fanzine « La tête en l’ère » depuis 2009, coorganisateur du festival angevin « imaJn’ère » depuis 2011, je suis par ailleurs devenu, à force de persévérance et grâce au collectif littéraire « CocyClics », un nouvelliste publiable et publié (ce qui fait toute la différence entre le paradis et l’enfer des écrivains). C’est ainsi qu’en 2012, on peut me trouver chez Voy’[el], Deleatur, aux éditions du Petit Caveau ou encore dans le fanzine « Piments & Muscade ». 2013 démarre bien avec une publication chez Rivière Blanche et dans l’Artbook de Fleurine Rétoré chez La Porte Littéraire.
J’ai néanmoins décidé de me calmer sur les nouvelles, car j’ai un roman qui me tient à cœur à terminer.

Oh, un roman ? La lectrice en moi frétille ! Est-ce que tu peux nous en dire plus ? :D

Voici le thème de ce roman :

« Lors d'une guerre mondiale meurtrière entre humains et vampires, une troisième force "les fous" (dont la morsure transforme aussi bien les humains que les vampires en fous) contraint les belligérants à s'allier et à se réfugier dans des villes souterraines (les fous ne vont jamais sous terre pour une raison que je ne dévoilerai pas ici).
Vingt ans plus tard, alors que la surface de la Terre est toujours ravagée par les fous, Fab (un homme de 57 ans) et Rachel (jolie vampire d’âge indéterminé) sont à la recherche d'un mystérieux personnage qui, aux dires d'un antique parchemin, serait la clé pour la reconquête de la surface.
Cette quête conduira les deux héros à découvrir les véritables raisons de l'état actuel du monde et de l’origine de la guerre. Comme il se doit pour toute quête digne de ce nom, elle les conduira également à découvrir leurs propres capacités et l'étoffe dont ils sont faits. »

Il faut préciser pour ceux à qui le mot « vampire » donne les yeux et la langue du loup de Tex Avery, qu’il ne s’agit pas d’une histoire de vampires, mais d’une histoire où il y a des vampires, des humains et surtout des fous. Ces fous par leur comportement peuvent faire penser à des zombies (autre thème à la mode) mais ce n’est pas le cas. Ils ne sont pas décomposés, juste un peu sales, car ils vivent nus en plein air.
Ce roman est une histoire d’amour, de vengeance, de plan machiavélique. Les personnages sont complexes. Le héros est bourré de remords, le « méchant » est pétri de bonnes intentions (comme l’enfer).
Si on veut absolument mettre une étiquette, c’est du post apocalyptique fantastique (mélange de SF et de fantastique).
Ce qui compte pour moi, ce sont les personnages et leurs motivations, ainsi que la cohérence de cet univers, même s’il casse peut-être quelques idées reçues.

C'est vraiment alléchant ! Et tu te penches, une fois de plus, sur le thème du vampire, comme c'était le cas de ton texte "Les dents de Kitty" dans l'Anthologie Vampire malgré lui aux éditions du Petit Caveau. En quoi est-ce un sujet qui t'attire ? D'ailleurs, as-tu des thèmes/des sujets que l'on retrouve plus ou moins dans tous tes écrits ?

Il est vrai que j’ai écrit quelques textes sur les vampires. Celui que tu cites et aussi « Lorsqu’il ouvrira… » dans l’anthologie « Histoires d’Aulx » pour imaJn’ère 2011.
C’est un peu le hasard, parce que je m’attache plus aux personnages qu’au contexte.
Si l’on fait un retour sur mes nouvelles parues en 2012/2013 dans diverses anthologies :
« Substitution » (Les robots sont-ils vraiment nos amis chez Voy’el) est une histoire de… robots.

« Un millionième de seconde d’arc » (U-chroniques chez Deleatur/imaJn’ère) est une uchronie à base de dinosaures.
Dans l’excellent fanzine « Piments & Muscade » : « Héliogynie » est proche de la hard-science et « Stiletto Veneziano » frise avec le fantastique intimiste.
Cette année : « Un village si tranquille » paru chez rivière Blanche est une forme de fan fiction sur des superhéros de BD à la française des années 50/60
« Vert, vert, vert.. » est le résultat d’un appel à texte de Fleurine sur le thème « Écrivez sur mes images ». J’y propose une histoire de fée qui se déroule en Hawaï à proximité des grands télescopes Keck et Subaru. C’est une rencontre entre deux univers, la science et la féérie.
Pour répondre à ta question, le sujet qui m’attire indépendamment du contexte ce sont les rapports humains. La difficulté à comprendre que l’autre est autre.
Nous vivons tous ça à un moment ou à un autre.

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samedi 3 novembre 2012

[Entretien avec...] Syven 2/2


SFFF100%VF – "Lentement mais sûrement", je crois que nombre d'écrivains qui ne peuvent se permettre d'écrire à temps plein ont adopté ce moto...
Et sinon, est-ce que tu peux nous en dire plus sur ton processus créatif ? En d'autres mots et pour être plus exacte, entre le moment où l'idée émerge et où le roman est prêt à être écrit, par quelles étapes passes-tu ?

Syven – En général, avant de me décider à écrire un bouquin, il se passe des mois, voire des années. Pour Siwès par exemple, il s'agit d'un texte auquel j'ai commencé à penser en 2005 et la première scène que j'ai vue joue le rôle de charnière entre les tomes 1 et 2. Les idées surgissent à l'improviste, je les note dans un carnet, je les oublie, puis elles reviennent à la charge, des voix de personnages s'en mêlent, et j'écris de temps en temps quelques lignes, voire quelques pages pour me désencombrer l'esprit. Donc, au moment où un projet est fini et que je peux m'atteler à un autre, je bous littéralement d'impatience.

Et pour les corrections qui viennent ensuite, as-tu une expérience personnelle à faire partager ? Un conseil à donner aux jeunes auteurs qui nous lisent par exemple ?

Une expérience personnelle précise, non. Pour le moment, chaque roman a reçu des corrections différentes. Je corrige toujours en trois ou quatre passes, en axant sur un personnage, l'intrigue ou la forme, et il y a selon moi une botte secrète, toute simple, pour faciliter les corrections : avoir une idée précise du résultat qu'on souhaite obtenir. C'est le meilleur moyen de s'en approcher. 
Cela aide aussi à trier les commentaires des premiers relecteurs. Je recommande chaudement aux jeunes auteurs de se faire relire par quelques personnes de confiance, avec lesquelles ils se sentiront à l'aise pour discuter de leur texte. Pour ceux qui n'auraient pas d'interlocuteurs privilégiés, capables de les aider, il existe un peu partout des ateliers d'écriture, ainsi que sur le web, dont par exemple, CoCyclics, un forum de bêta-lecteurs en SFFF.

En parlant de CoCyclics : tu as créé le forum, lancé le concept, mais jamais utilisé ses services, que tu as pourtant mis en place. Y a-t-il une raison particulière à cela ? Le système des cycles est mis à profit par des auteurs de tous niveaux, pourquoi n'as-tu pas utilisé ton propre outil sur un de tes romans ?

En réalité, lorsque j'ai eu envie de "subir" le cycle, CoCyclics avait un an et ne pouvait plus prendre de romans. Le collectif était fermé à toute soumission de texte depuis plusieurs mois. Il s'agissait de la première mouture du cycle, et nous travaillions sur la deuxième version avec deux ambitions : améliorer les principes existants, et surtout, optimiser nos ressources, de sorte à ne plus se retrouver avec des soumissions fermées (mission accomplie, ceci dit en passant ;-)). Donc, je n'ai pas officiellement subi de cycle, mais officieusement, j'ai testé un équivalent de la méthode en vigueur sur Au Sortir de l'Ombre
J'ai un crédit largement positif et je pourrais bien sûr l'utiliser si je le souhaitais, mais bon, c'est un peu le même problème que lorsqu'on s'édite soi-même, les gens pourraient croire que j'ai fondé le collectif pour mon bénéfice personnel. Je ne mentionne donc pas CoCyclics quand je propose mes romans, et je sépare mes activités d'auteure de mes activités d'administratrice, autant que possible. De plus, je connais plein de bêta-lecteurs et j'ai ma propre méthode, une version de cycle allégée. Elle fonctionne, donc j'aime autant laisser le champ libre à d'autres qui ont besoin de cet espace.

Aaah, tout s'explique ! ^^
Retour aux chroniques de Siwès : le roman vient tout juste de sortir. Quel est ton état d'esprit ? Ça fait quoi d'être publiée pour la deuxième fois ?


Je suis fébrile, pour moi, c'est comme la première fois. Ce n'est pas une suite, c'est un autre univers... Donc j'ai peur de décevoir les lecteurs d'Au Sortir de l'Ombre, car le texte est différent, plus facile aussi. J'imagine qu'on m'y retrouve, mais j'ignore de quelle façon. Du coup, je ne sais pas comment les chroniques de Siwès seront accueillies. Mais je crois que de toute façon, un auteur vit chaque nouvelle sortie comme un nouveau saut dans le vide. C'est la beauté du monde de l'édition, les jeux ne sont jamais gagnés d'avance.

Si tu devais donner cinq bonnes raisons de lire Siwès aux lecteurs de ce blog, pour les convaincre, quelles seraient-elles ?


Alors... Lisez les chroniques de Siwès, parce que...
1. Dans cette histoire, les personnages choisissent leur destin au lieu de le subir.
2. Les fabuleux qui accompagnent les humains ne font pas partie du decorum, ce sont des personnages à part entière.
3. Il y a de la magie, façon boule de feu (je ne lésine jamais sur les effets spéciaux).
4. Les dragons, défunts ou pas, sont énormes, pas franchement sympathiques, et ils se battent comme des furies.
5. Normalement, vous ne devriez pas vous ennuyer. ;-)

Et, enfin, dernière question, qui s'adresse à Siwès, en fait... si elle devait se présenter en quelques lignes, elle nous dirait quoi ?

Elle vous dirait: Je suis la Guerrière Fantôme. Et nul ne prendra Ispare tant qu'un souffle de vie m'habitera.

Eh bien, voilà qui donne envie d'aller à sa rencontre ! Bon, je la connais un peu mieux depuis cette interview, vu que j'ai lu le livre (il me reste 50 pages, à vrai dire)... chronique à paraître dès demain. ;-) Merci Syven d'avoir accepté cette petite interview, et à très vite dans de prochains livres j'espère !

Retrouvez les deux romans de Syven sur le site des 


RDV demain pour la chronique de la Guerrière Fantôme !

vendredi 2 novembre 2012

[Entretien avec...] Syven 1/2

Fille du Nord-Ouest, de la pluie et du vent, Syven vit au bout du monde avec son tendre époux, son fils lumineux et son chat scabreux. Dans sa maison de bois grise et bleue, où règnent les bonnes odeurs du feu et des plats gourmands, on rit comme on respire. Quand elle ne travaille pas à des documentations techniques, elle garde la plume et écrit, écrit et … écrit encore. Ses mondes imaginaires ont éclos dès l’enfance, et depuis, cette passion a pris une place évidente dans sa vie, avec des romans, des nouvelles, deux blogs, et plus encore. Syven est l’initiatrice de CoCyclics, un collectif d’écrivains qui travaillent avec passion à améliorer leurs manuscrits et à promouvoir les littératures de l’Imaginaire. Elle signe aujourd’hui son premier roman fantastique Au Sortir de l’Ombre avec les éditions du Riez, et outre son investissement quotidien dans CoCyclics, travaille sur un diptyque fantasy. (source : le Riez)


En Mars dernier, j'avais lu et apprécié Au sortir de l'ombre (ASLO) :
Londres, 1889. La guilde d’Ae protège les aethrynes depuis des siècles pour qu’elles se consacrent à leur tâche : garder piégés dans leur ombre de sinistres monstres avides de massacre, les gothans. Lorsque la secte des némésis s’attaque à ces prêtresses, l’organisation est ébranlée par la traîtrise de plusieurs agents d’importance. Les traqueurs William, Christopher et Heinrich, qui sont chargés de la protection de lady Eileen pour une nuit, n’imaginent pas les enjeux de la chasse dont ils feront bientôt l’objet. Mais dans l’ombre d’Eileen, attentif, « Il » sait ce qui est sur le point de se jouer.


 
Syven a très gentiment accepté de répondre à mes questions par mail... voici, ci-dessous, le résultat de ces échanges décontractés ^^
Enjoy !

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SFFF100%VF – J'avais lu et adoré ton premier roman paru aux éditions du Riez, Au sortir de l'ombre. Dans ton prochain roman, adieu les rues de Londres et l'ambiance victorienne, bonjour tigres et gros dragons ! Nous passons du fantastique historique à la fantasy avec effets spéciaux... Tu n'aimes pas te cantonner à un seul genre, ou je me trompe complètement ?

Syven – Merci pour Au Sortir de l'Ombre et pour la chronique, ton retour me va droit au cœur :-D
Tu as tout à fait raison, je suis incapable m'enchaîner à un genre donné. Je ne réfléchis pas en terme de genre d'ailleurs, ce que j'aime, c'est construire un univers et le rendre aussi réaliste que possible (ou pas, hein, il faut que le lecteur ait envie de le faire vivre). Ensuite, je bâtis mon histoire dessus, il ne doit pas seulement servir de decorum. Pour Au Sortir de l'Ombre, la Guilde et les contraintes liées aux gothans sont des ressorts importants de l'intrigue. Dans le cas des Chroniques de Siwès, les dragons se saisissent au sens propre des enjeux !

Tiens, en parlant des dragons, tu accepterais de nous en dire plus sur eux et la menace qu'ils représentent pour Siwès, ou c'est top-secret ?

Bonne nouvelle, ce n'est pas top secret :-) 
Siwès a décidé d'empêcher des marjaks d'approcher de la cité d'Ispare. Ce sont des dragons d'un autre âge, ramenés à la vie par les maîtres-nécromants du Lluhan, et ils sèment la destruction sur leur passage. Ces créatures dénaturées sont dominées par l'Ahr, une énergie maléfique qui se nourrit d'Herrès, la magie qui donne forme à Siwès lorsqu'elle visite ce monde. Un dragon-défunt pourrait rompre le lien entre son esprit et son corps en l'avalant, par exemple. Elle doit se montrer prudente, mais hélas, son côté tête brûlée l'emporte souvent.
Et puis, il y a d'autres dragons, bien vivants, qui se battent contre les marjaks, mais il serait difficile de les qualifier de gentils. Eux aussi vont donner du fil à retordre à notre petite guerrière !

Et jusqu'où son combat contre les dragons amènera-t-il Siwès ? En d'autres termes : dyptique, trilogie, saga ?

Normalement, si tout se déroule selon MES plans, ce sera un dyptique. D'ailleurs, le tome 2 est déjà signé et s'intitule Le Lion à la Langue Fourchue. C'est en bonne voie, je m'y remets dès que le tome 1 sera parti à l'impression.

Ah, super ! Et j'ai hâte que le tome 1 parte à l'impression, tu sais pourquoi ? Parce que j'ai pré-commandé mon exemplaire pardi ! Plus qu'à patienter encore un peu... promis, j'en ferai une chronique sur le blog :)
Sinon, je l'ai déjà dit, mais Siwès est ton deuxième roman publié aux éditions du Riez... est-ce que tu peux nous raconter comment s'est passé la prise de contact la première fois pour ASLO, et en quoi ça a été différent pour la deuxième fois, avec Siwès ?

Eh bien, Siwès vient de partir à l'instant où je t’écris ! Merci de l'avoir précommandé, je vais en profiter pour te faire une belle dédicace ! J'espère juste qu'il te plaira... (Moi stressée ? Pas du tout !!! Ah ah ah !) ^__^
Alors, remontons dans le temps... Je suivais le blog et les actus d'Alexis parce que je l'avais lu en tant qu'auteur et rencontré une fois par le passé. A l'époque, il préparait la parution de La Loi du Désert, son planning était déjà pas mal chargé, et la maison était toute jeune, mais il m'avait dit que je pouvais lui envoyer ASLO. Ce que j'ai fait quand mon manuscrit a été prêt.
Et deux mois plus tard, il m'envoyait un mail comme j'en souhaite à tous les auteurs, avec l'avis du comité de lecture : je suis tombée de ma chaise, j'ai pleuré, j'étais heureuse. Sur son conseil, j'ai recontacté les éditeurs, j'ai d'ailleurs eu d'autres propositions mais j'étais séduite par les éditions du Riez, et même s'il fallait attendre 18 mois la parution, j'ai signé. Et je me suis attelée à la rédaction de Siwès.
Pour Siwès, c'était un peu différent, mais pas tant que ça. On en avait discuté sur un salon et Alexis m'avait dit qu'il serait content de le lire (moi j'étais contente qu'il ait envie de le lire), mais à l'époque, il n'y avait pas de fantasy au catalogue. Par la suite, il m'a annoncé qu'il en publiait à la rentrée 2012, le cycle d'Arkhem de Valérie Simon, et donc, je lui ai envoyé Siwès. Alexis m'a rapidement répondu que le texte lui plaisait et qu'il lui gardait une place pour 2013, en l'attente des réponses des quelques éditeurs auxquels je l'avais soumis, et comme je ne suis pas très joueuse en plus de me sentir très bien au Riez, je l'ai vite retiré des circuits éditoriaux. Un excellent choix, parce qu'un trou venait de se libérer pour fin octobre. On était en juillet, c'était un peu chaud pour préparer le texte, mais on a mis les bouchées doubles. Et puis on a signé le tome 2 dans la foulée.
J'ai un bol monstrueux, je trouve ^_^


Oui, beaucoup de chance, ça donne envie de faire partie de l'équipe du Riez tout ça ! ^^
Laissons maintenant le monde éditorial, et parlons un peu d'écriture... je vais éviter de te poser la question redoutée par tous les auteurs ("D'où te viennent tes idées ?" - "Euh... de partout ?") et plutôt te demander si tu as un carnet fétiche, un lieu spécial où écrire, une ambiance particulière nécessaire à ton travail... bref, est-ce que tu as un rituel d'écriture ?

Des rituels, j'en ai eus, mais depuis que j'ai des enfants, je les ai abandonnés. Je réfléchis à mes écrits pendant que je fais autre chose, surtout en voiture, mais aussi lorsque j'exécute des tâches quotidiennes comme la vaisselle, le ménage, le pliage de linge. Ensuite, dès que j'ai un créneau, je déplie l'ordinateur portable. Ah si ! Il me faut une boisson chaude pour attaquer, du café ou le soir, de la tisane. :-)

"Dès que tu as un créneau", ça peut être n'importe quand ou tu as certains moments dans la journée/la semaine où tu peux t’aménager une ou plusieurs heures pour écrire ? D'ailleurs, comment fais-tu pour gérer vie de foyer, travail, écriture (et autres activités) en même temps ? Tu dois avoir des journées bien remplies dis donc :)

Je travaille surtout le soir, quand les enfants sont couchés (après 21h00). Mais j'avoue que parfois en semaine, je ne suis pas très fraîche et dans ce cas-là, je me repose pour être en meilleure forme le lendemain. Le week-end, si une opportunité se présente, je saisis l'occasion : la sieste de la petite, le rugby du grand, parfois les dessins-animés du dimanche matin. J'ai un mari aussi, il me dégage du temps s'il peut. ^__^ Enfin, bref, je m'adapte. L'important pour moi, c'est d'avancer régulièrement, tout en profitant de ma vie de famille.

La suite de l'interview ? C'est par làààà !