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dimanche 2 mars 2014

[Raphaël Albert] Avant le Déluge

Titre : Rue Farfadet
Auteur : Raphaël Albert
Editeur : Mnémos – Hélios poche
Nombre de pages : 390
Comme dans Rue Farfadet, Raphaël Albert nous projette dans Panam, un Paris du 19ème siècle décalé : la Révolution française n’a pas eu lieu mais elle couve, les manifestations d’ouvriers sont nombreuses, la ville est la capitale d’un Royaume multiracial où les humains dominent des nains vaincus et des elfes réfugiés au sein de forêts impénétrables. Les centaures-taxis côtoient coches et motos à vapeur. La magie très codifiée par des mages académiciens sert à la vie de tous les jours. Dans ce deuxième roman, Raphaël Albert reprend ses personnages là où il les a laissés. Les voilà célèbres, installés et les poches remplies. Pourtant, ils vont devoir affronter des entreprises encore plus dangereuses et malfaisantes. Tout en approfondissant son univers, l’auteur tisse une intrigue encore plus palpitante et entraînante. Nous en apprenons plus sur le destin passé de Sylvo Sylvain, les raisons de son exil ou de son amitié avec Pixel. 

Vous aimerez :
- le style truculent
- l'univers multiréférencé
- l'humour
- le mélange des genres
- l'esprit politiquement engagé

Vous n'y trouverez pas :
- un rythme aussi calme qu'au premier tome
- un suspens à couper le souffle

Mon avis ?
Le premier tome avait déjà été un coup de cœur dès le premier chapitre, et, là aussi, il n'a pas fallu plus d'une page ou deux, ici, pour me convaincre et m'embarquer dans ma lecture. Définitivement conquise. Irrémédiablement ravie par la plume de l'auteur.

Quel deuxième tome, mes amis ! Un tome plein de suspens, qui va crescendo. Plein de révélations, aussi. Et quel final, un final !! Un des meilleurs et des pires de ma vie de lectrice. Le meilleur car, côté rythme et montée en puissance des événements, on ne fait pas mieux. Le pire, aussi, car il y a du sang, des sacrifices, des trahisons, et pas n'importe lesquelles... mon cœur de lectrice a souffert, saigné et pleuré. Beaucoup, beaucoup pleuré. D'autant plus que l'auteur ne se contente pas de nous l'arracher, ce coeur, il l'écartèle, aussi, le crucifie, le piétinne, puis le brûle et éparpille les cendres, juste au cas où vous comptiez vous remettre du traumatisme final.

Vous êtes donc prévenus, amis lecteurs : ce deuxième tome a tout d'un enfant de chœur, jusqu'au moment fatidique où le final commence et où, là, l'implacable machine du Destin se met à marcher au même pas que celle du Chaos. Un Chaos définitif et, forcément, incontrôlable !

Bizarrement, j'ai commencé par la fin... alors que ma chronique devrait commencer par le début, par exemple, je pourrais plutôt vous décrire Sylvo, qui se la coule douce avec Pixel, qui a même créé une véritable agence de détective, laquelle s'est enrichie de nouveaux membres sympathiques, étranges et extraordinairement doués. Une galerie de nouveaux personnages, qui ont tous une part importante dans l'intrigue et ne sont pas à un seul moment oublié : ainsi, on a beau suivre Sylvo et Pixel de manière exclusive dans la narration, on sait que, quelque part ailleurs, grâce à ces autres personnages tout aussi impliqués qu'eux, l'affaire avance, sur d'autres aspects. Avance... ou s'empire.

Parmi ces personnages, on retrouve notamment Hobo, un gars hyper calme, qui a tendance à calmer tout le monde par la voix, simplement, un talent naturel que Sylvo nomme avec son humour coutumier "l'effet Hobo" (like a Hoboooo ♫ ahem pardon). Hobo qui n'est jamais sans son partenaire, le Géomètre. Il y a aussi la nouvelle secrétaire de l'agence qui est... une orque ! Zerbï, dont j'ai adoré le caractère à la fois fort et féminin, et que Sylvo a le bon goût de ne pas traiter en "faible femme" mais en forte femme (j'aime Sylvo, je vous l'ai dit déjà ??) Sylvo qui tente d'organiser et de protéger tout cet entourage qui ressemble fort à une nouvelle famille, pour l'elfe exilé...

Exil au sujet duquel on n'en apprend pas mal, même si de grandes zones d'ombre persistent ! On a cependant droit à de nombreux flashbacks et, dans le fameux grand final qui fait très très mal, deux personnages que je ne citerai pas nous en revèlent plus malgré eux, au cours d'une dispute qui fait tout voler en éclats.

Voilà voilà. Donc, si je récapitule : écriture puissante et évocatrice, humour omniprésent mais jamais pesant, intrigue tentaculaire aux rebondissements implacables, personnages décalés et extrêmement bien développés, suspens qui va crescendo, parfait dosage entre Ordre et Chaos, final explosif, cœur de lectrice réduit en cendres... et puis je ne vous ai même pas parlé du fameux voleur, Arsène Lutin, qui joue un rôle plus qu'important dans l'affaire !! ;-)

Un coup de cœur, sous tous les aspects, pour le style, l'humour, l'intrigue, les personnages absolument fabuleux ! Et pour ne rien gâcher, le tome 3 est à venir en 2014, ouf. Bref, qu'attendez-vous pour vous jetez dessus ??

samedi 18 janvier 2014

[Lilian Peschet] La Brigade des Loups S01E03

Titre : La Brigade des Loups – S01E03
Auteur : Lilian Peschet
Editeur : Voy'[el] – collection e-courts
Nombre de pages : ~45 pages
En numérique uniquement.
Premier épisode gratuit à télécharger sur Immatériel ! La suite à 0€99.

2020. L'épidémie de lycanthropie sévit en Europe depuis près de trente ans. La Roumanie est l'un des pays les plus en pointe concernant la recherche sur ce rétrovirus, mais aussi l'un des rares où les lupins ont le droit de vivre dans la société.
Sous certaines restrictions.
Pour s'occuper des crimes lupins, des unités de polices spéciales exclusivement composées de malades ont été créées.
On les appelle les Brigades des loups.

Le procès du capitaine de la Brigade s'ouvre alors que la haine anti-lupins ne cesse de croître. Les extrémistes, qui gagnent du terrain, deviennent une véritable menace. Au milieu de la tourmente qui se lève, l'avenir de la Brigade est de plus en plus incertain...
 Vous aimerez :
- l'alternance des points de vue
- l'uchronie très appuyée
- le rythme et la fluidité du style
- le côté "critique sociale annoncée"

Vous n'y trouverez pas :
- de temps mort
- de descriptions
- une exploitation classique du mythe du lycan

Mon avis ?
Remise en cause dans l'épisode 1, accusée dans l'épisode 2, la Brigade des Loups est désormais carrément disloquée dans cet épisode 3. Et c'est le début d'une longue traque...

Le suspens va crescendo dans ce troisième épisode : on sait ce qui va se passer, on sait qu'on est en train d'y assister, petit événement par petit événement, et on y assiste, impuissant... mais surtout curieux. Car la Brigade, qui est aussi une meute à sa manière, va se disloquer. La façon dont les différents points de vue étaient agencés dans le premier épisode prend ici tout son sens : chaque membre de la Brigade va emprunter un chemin différent. Parfois fait de sang et de révolte, parfois fait de fuite et d'espoir, parfois quelque part entre les deux... il y a les blessés, les indécis, les révoltés. Dans tous les cas, ils sont victimes, manipulés par l'opinion publique et ceux qui en tirent les ficelles. Manipulés par l'armée. Manipulés par tous.

La Roumanie s'enflamme et débute une chasse au loup. La Roumanie, qui était le dernier bastion des lycans libres dans une Europe qui leur est hostile. Les membres de la Brigade n'ont nulle part où fuir et se retrouvent confrontés à des choix impossibles.

Tout le suspens de cet épisode, qui se dévore encore plus vite que les précédents, repose là-dessus. Les choix de chacun.

L'uchronie politique mise en place dans les deux premiers épisodes prend un virage sanglant, et si la série annonçait une couleur clairement "noire" et "polar" au début, elle prend ici un tournant plus révolutionnaire. Amis réfractaires aux récits hautement politisés, passez votre chemin ! Sinon, vous en reprendrez bien un bout ?

J'attends l'épisode 4 de pied ferme...

A noter que l'émission Rêves et Cris parlait hier soir en termes très élogieux de cette série qui est VRAIMENT incontournable ! ;-)

mercredi 6 novembre 2013

[Raphaël Albert] Rue Farfadet

Titre : Rue Farfadet

Auteur : Raphaël Albert
Editeur : Mnémos – Hélios poche
Nombre de pages : 282


Panam, dans les années 1880 : les humains ont repris depuis longtemps la main sur les Peuples Anciens. Sylvo Sylvain a posé son havresac dans la rue Farfadet, gouailleuse à souhait. Chapeau melon vissé sur le crâne, clope au bec, en compagnie de son fidèle ami Pixel, il exerce la profession exaltante de détective privé et les affaires sont nombreuses ! Des adultères à photographier, des maris jaloux, des femmes trompées, etc. Ni très rémunérateur, ni très glorieux que tout ceci. Alors, Sylvo fréquente assidûment les bars, les cafés et les lieux de plaisir en tout genre où son charme envoûte ces dames...
Jusqu’au jour où, lors d’une banale enquête de routine, il se trouve mêlé à une machination dépassant l’entendement. Le voilà, bien malgré lui, chargé de l’affaire par l’un des trois puissants ducs de Panam. Saura-t-il tirer son épingle de ce jeu compliqué et dangereux ?

Dans ce premier roman Raphaël Albert déploie un art consommé de l’écriture. Il nous fait palpiter au rythme d’une histoire passionnante de bout en bout. Il trousse avec style un personnage attachant et original et invente un univers surprenant de fantasy steampunk où l’on croise centaures taxis, motos à vapeur et magie de bataille.

Vous aimerez :
- le style truculent
- l'univers multiréférencé
- l'humour
- le mélange des genres
- l'esprit politiquement engagé

Vous n'y trouverez pas :
- un rythme effrené
- un suspens à couper le souffle

Mon avis ?
Un coup de cœur dès le premier chapitre... que dis-je ? Dès la première ligne ! En quelques mots, Raphaël Albert instille un style plein d'humour et annonce tout de suite la couleur : il n'y en aura pas de précise, car ce sera un véritable feu d'artifice de mélanges ! Entre polar et fantasy, uchronie et steampunk, chaque phrase participe à la création d'un univers d'une incroyable richesse, tant sur le fond que sur la forme.

Le premier chapitre est, en cela, une réussite magistrale. Nous suivons un personnage, présenté ainsi aux premières lignes :

Martin, c'était son nom.
Martin le nain.

D'ores et déjà, nous naviguons entre des repères familiers (Martin, prénom francophone banal s'il en est (désolée pour les Martins qui me lisent !)), mais qui est un nain. Ensuite, l'auteur enchaîne sur une description de l'habitat du nain, qui vit en banlieue de Paname, la capitale, dont le plan et les caractéristiques aussi bien sociales que culturelles font bien entendu tout de suite penser à notre Paris. Un décalage, un glissement complet entre ce que nous attendons et ce que le roman présente vraiment, et d'un personnage nommé Martin, et d'un nain, et de l'endroit où il habite !! 

C'est un Paris complètement revisité que nous découvrons dans les pas de Martin le nain, dont l'histoire se poursuit jusqu'à ce qu'un surprenant narrateur en "je" n'émerge.
Et oui ! Car bien entendu, ce n'est pas l'histoire de Martin que nous suivons, mais celle de l'homme qui suit Martin : Sylvo, un farfadet qui officie en tant que détective privé !
Autant vous dire, j'ai a-do-ré me faire surprendre par cette émergence tardive du vrai narrateur, qui n'intervient qu'au bout d'une dizaine de pages. Cela  provoque un effet délicieux sur le lecteur que nous sommes : en effet, dès que la description de la journée typique de Martin le nain cesse, Sylvo prend la parole et la truculence du style n'en est que plus géniale.

Truculent par bien des aspects : l'humour, l'aspect troussé des phrases même les plus simples, le côté picaresque des aventures et, aussi, les références qui se croisent. Ce qui est génial, c'est qu'on n'a pas besoin d'être un spécialiste pour savourer lesdites références : on peut lire ce livre avec zéro culture ou s'amuser à repérer tous les clins d’œils qui le parsèment. Dans l'un ou l'autre des cas, le livre reste un délice ! J'ai dû louper pas mal desdites références, d'ailleurs, mais ça ne m'a pas forcément manqué. Au contraire, je me dis que c'est l'occasion de relire le livre d'ici 2 ou 3 ans, et de voir quelles références supplémentaires je décèle avec plus de recul. ;)
Il y a vraiment de tout, je peux vous le dire : ça va d'un personnage nommé Mère Michelle, qui a perdu son chat (si si si ^^), aux légendes obscures venant de pas mal de cultures différentes, comme un clin d'oeil à la culture indienne, italienne, etc. – ces références restent majoritairement européennes, cela dit, mais l'emplacement spatio-temporel de l'intrigue et du personnages rendent cela nécessaire. Forcément, le personnage est panaméen et a la culture d'un panaméen de Paname, pas d'ailleurs ! ;-)

En parlant de ce personnage, Sylvo, je l'ai trouvé attachant à tous points de vue : oh, oui, il est un peu macho ; oui, il est très cynique aussi ; et il boit énormément en plus d'être un fieffé fainéant... mais il est aussi courageux et plein d'allant, fidèle à lui-même, et surtout sincère et conscient de ses défauts (qu'il n'essaie pas pour autant d'améliorer, ce qui ne le rend que plus réaliste et attachant quelque part). J'ai trouvé le traitement du personnage extrêmement bien tourné. Cela est dû non seulement à la "voix" unique du personnage, fortement mise en avant par le style, mais aussi aux rapports qu'il entretient avec les autres figures qui traversent le roman : même quand celles-ci sont de pures crapules, Sylvo leur trouve d'une manière ou d'une autre une qualité qui les rachète. Couplée au cynisme éruptif mais jamais vainqueur de Sylvo, j'ai trouvé cela d'une remarquable subtilité, car ça en dit long sur le personnage non pas comme il se voit mais comme il est vraiment. Et ça, perso, ça a gagné mon cœur de lectrice. ^_^

Enfin, pour terminer,un dernier argument pour vous donner envie de lire ce livre : la narration est par bien des aspects innovantes et a-normative, je l'ai déjà dit pour le premier chapitre, mais c'est tout aussi vrai pour le reste du roman et, surtout, son épisode final. Je ne vous révèle rien de cette pirouette stylistique qui, plus qu'une pirouette, représente un vrai tour de force, mais je vous assure que tout le roman vaut le coup, ne serait-ce que pour ces deux retournements de situations qui se répercutent jusque dans la forme du texte.

En conclusion, si vous aimez les univers complexes et les personnages a priori superficiels qui se révèlent au final bien plus profonds qu'ils n'y paraissent, je ne peux que vous conseiller de vous jeter sur Rue Farfadet !! Un métissage réussi entre steampunk, polar et fantasy ; une pépite de style et d'humour !

samedi 14 septembre 2013

[Lilian Peschet] La Brigade des Loups S01E02

Titre : La Brigade des Loups – S01E02
Auteur : Lilian Peschet
Editeur : Voy'[el] – collection e-courts
Nombre de pages : ~45 pages
En numérique uniquement.
Premier épisode gratuit à télécharger sur Immatériel ! La suite à 0€99.
!!! Cet épisode paraîtra le 17/09 !!!

2020. L’épidémie de lycanthropie sévit en Europe depuis près de trente ans. La Roumanie est l’un des pays les plus en pointe concernant la recherche sur ce rétrovirus, mais aussi l’un des rares où les lupins ont le droit de vivre dans la société.
Sous certaines restrictions.
Pour s’occuper des crimes lupins, des unités de polices spéciales exclusivement composées de malades ont été créées.
On les appelle les Brigades des loups.
Un attentat dans un centre commercial de Bucarest. Des revendications d’un groupe indépendantiste moldave. Une autre bombe qui doit exploser. Mais l’ennemi se trouve-t-il vraiment à l’extérieur de Bucarest ? La Brigade risque beaucoup à enquêter sur une affaire où elle n’est pas désirée…

 Vous aimerez :
- l'alternance des points de vue
- l'uchronie très appuyée
- le rythme et la fluidité du style
- le petit côté "critique sociale annoncée"

Vous n'y trouverez pas :
- de temps mort
- de descriptions
- une exploitation classique du mythe du lycan

Mon avis ?

On retrouve dans ce deuxième épisode tout ce qui a fait le succès du premier : le style incisif, le rythme hyper soutenu, le contexte politique bien exploité, l'uchronie sombre et délirante... nous sommes revenus à Bucarest dans une Europe alternative, et pourtant, c'est si bien tourné qu'on s'y croirait ! Rares sont les uchronies à soutenir ce niveau de vraisemblance. Ce qui est sûrement du au fait que l'humain est largement mis en avant, via les multiples narrateurs.

Nous retrouvons tous les flics du premier épisode, y compris celui auquel il est arrivé un... "accident', dira-t-on, pour ne spoiler personne ! Les autres personnages se remettent chacun à leur manière des conséquences de cet "accident", et la Brigade réagit comme n'importe quelle meute : malgré son membre absent, elle survit, se serre les coudes et fait passer le groupe avant l'individu, même si chacun compatit au sort de "l'accidenté". J'ai trouvé cela très bien géré. J'ai aimé cette mise en valeur de l'écart entre les individus plus humains de la meute, et ceux qui sont davantage animaux... chaque personnage narrateur répond à sa propre problématique, ils ont tous une histoire très fouillée qui nous en dit plus sur l'homme qu'ils ont été et le loup qu'ils sont aujourd'hui... certains passages sont très émouvants, et dévoilent au détour d'une phrase un détail, un souvenir, avant de replonger dans le présent du personnage. La narration très "nerveuse" de Lilian Peschet participe à cet effet de vie en mouvement, très réaliste.

Côté intrigue, pour ce deuxième épisode, je trouve que le résumé de 4e de couv en dévoile un peu trop et désamorce de ce fait le suspens, mais l'aventure n'en est pas moins plaisante à suivre. De toute manière, il est difficile de faire compliqué en seulement 45 pages, mais Lilian Peschet arrive à maintenir l'intérêt de son lecteur et puise aux racines de son univers uchroniques pour développer cette intrigue – au demeurant toujours aussi politisée que celle du premier épisode.

En somme, un deuxième épisode à la hauteur du premier, où les personnages évoluent chacun à sa manière sur des voies parfois très différentes en dépit de "l'esprit de meute" par lequel ils sont liés ! Lilian Peschet continue d'étirer le mythe du loup-garou jusqu'à ses limites et même au-delà, avec un talent pour l'heure reconfirmé. J'ai hâte de lire la suite, et de savoir de quoi sera fait l'avenir de la Brigade des loups... car même si chaque épisode semble contenir une sous-intrigue indépendante, on devine que quelque chose d'autre se prépare, quelque chose de plus grand, à l'échelle de la série toute entière...

J'espère être surprise !! ;-)

5/5

En plus, la couv est toujours aussi chouette mais va apparemment subir quelques changements d'épisode en épisode, comme une évolution globale... avez-vous déjà repéré ce qui a changé ? ;)

Merci aux éditions Voy'[el] et à la collection E-courts pour cette découverte anticipée de l'épisode 2 ! :D

vendredi 12 juillet 2013

[Lilian Peschet] La Brigade des Loups S01E01

Titre : La Brigade des Loups – S01E01
Auteur : Lilian Peschet
Editeur : Voy'[el] – collection e-courts
Nombre de pages : ~40 pages
En numérique uniquement.
Premier épisode gratuit à télécharger sur Immatériel !


2020. L'épidémie de lycanthropie sévit en Europe depuis près de trente ans. La Roumanie est l'un des pays les plus en pointe concernant la recherche sur ce rétrovirus, mais aussi l'un des rares où les lupins ont le droit de vivre dans la société.
Sous certaines restrictions.
Pour s'occuper des crimes lupins, des unités de polices spéciales exclusivement composées de malades ont été créées.
On les appelle les Brigades des loups.

Un professeur massacré. Une mère de famille et son enfant dévorés vivants. De jeunes lupins sauvages en liberté. Pourquoi ces crimes ? D'où viennent ces enfants, et quel est leur but ? Les réponses pourraient bien bouleverser l'avenir de la brigade de Bucarest.


 Vous aimerez :
- l'alternance des points de vue
- l'uchronie très appuyée
- le rythme et la fluidité du style
- le petit côté "critique sociale annoncée"

Vous n'y trouverez pas :
- de temps mort
- de descriptions
- une exploitation classique du mythe du lycan

Mon avis ?
Entre le style expert de l'auteur, le rythme sur lequel s'enchaînent les chapitres, l'attachement immédiat aux personnages et à leur destin, le côté uchronique extrêmement bien géré et la profondeur de champ de cette science-fiction engagée, je ne sais pas par où commencer pour vous expliquer que : OUI, PURÉE, JETEZ-VOUS DESSUS !
Bon, allons-y dans l'ordre...

Le style : des phrases brèves, courtes, qui loin de hacher le rythme sont la clé de voûte de sa construction et participent avec efficacité à l'esthétique très "polar" de ce premier épisode. Un train qui file droit vers le mot fin et vous emmène avec lui sans arrêt page après page !
Le rythme et les chapitres : non seulement tout s'enchaîne très vite, mais tout est aussi très fluide et naturel. On est toujours surpris de chapitre en chapitre, mais rien ne va trop vite pour la compréhension. Impeccable.
Les personnages : il faut savoir qu'ici, ce n'est pas narré comme une série littéraire habituelle : les chapitres donnent la parole à chaque personnage de la brigade des loups, une vraie bonne surprise dans ce choix de narration qui permet de plonger dans les pensées et les passés de chacun, ce qui donne d'ores et déjà une excellente profondeur aux personnages ! Mon petit chouchou : Mikaï, le lycan muet qui préfère sa forme de loup à celle d'homme, et Dragos, qui souffre tellement des conséquences de l'horreur du premier chapitre... les deux plus abîmés par la vie sûrement, quoiqu'aucun membre de la brigade ne soit vraiment épargné par la vie, mais on ne se refait pas. Ah oui, vous trouverez plein de personnages cabossés par la vie dans ce premier épisode. Certains auteurs s'attardent à décrire le pourquoi du comment, Lilian Peschet, lui, ne s'attarde pas : comme dans la vraie vie, il ne donne que quelques indices sans que jamais le personnage ébréché ne s'épanche sur l'épaule de l'inconnu que vous êtes. Ou un tout petit peu, alors, s'il le fait...
L'uchronie politique. Oui, ne mâchons pas nos mots. Dans La Brigade des Loups, il y a de ça, beaucoup même : ce n'est pas martelé mais les personnages lycans vivent dans l'oppression et ça se sent. Ils font peur aux humains, et les humains le leur rappellent à chaque parole, chaque regard. C'est subtilement dosé ici, très bien retranscrit. Dans cette fin de 20e siècle alternative, on appréciera les multiples références à notre Histoire réelle : l'affaire du sang contaminé (ici par des bactéries lupines qui provoquent une épidémie de lycanthropie), par exemple. La chronologie commentée et romancée présente en début de série vous montrera à quel point l'auteur a bien pensé et bien intégré ses lycans à notre Europe de fin de siècle ! Pour un vingt-et-unième siècle qui leur appartient ?
Parlons-en, de la lycanthropie dans cette série : foin des habituelles théories, ici, la lycanthropie est une MST. Voilà... je ne vous en dis pas plus mais disons que ça vous montre à quel point c'est différent de ce que l'on peut lire d'ordinaire sur le sujet. ;-)

En somme, La Brigade des Loups se présente comme une série extrêmement addictive dont le premier épisode, aussi prometteur que génial, dépoussière à la fois l'Europe de l'Est telle que nous la connaissons, et le mythe du lycan tout entier.

Cela faisait un bail que je n'avais pas été si enthousiasmée par une de mes lectures (hors BD ^^) et, franchement, ce premier épisode était tout ce que j'avais besoin : court, rythmé, intelligent mais pas lourd, bref, une lecture parfaite pour commencer l'été... une lecture parfaite tout court !!
5/5

En plus, la couv est super chouette, et puis le premier épisode est GRATUIT. Je le répète ! Donc vous n'avez plus aucune raison de ne pas vous jeter dessus sur Immatériel.

EDIT : une autre chronique tout aussi enthousiaste vient de paraître sur le blog de Dzahell. ;)

dimanche 30 septembre 2012

[Lia Vilorë] Vampires d'une nuit de printemps

Titre : Vampires d'une nuit de printemps
Auteur : Lia Vilorë
Editeur : Petit Caveau
Nombre de pages : 248

Cher journal,
Désormais, mon nom est Fáil, Lía Fáil, et je suis un vampire.
Sans déconner ?
Punaise de pouvoir idiot, et tu réponds à l’écrit en prime !
Ben, depuis le temps, je sais que tu ne sais pas t’empêcher d’écrire tes tracas alors…
Ouais… pas faux…
Alors, vas-y, raconte…
En décembre dernier, je suis devenue un vrai vampire du genre « Kit complet sans les petits inconvénients ». Avec le sexy garde-du-corps écossais en prime.
Tu vas en faire des envieuses ! 
Ouais… surtout qu’à l’heure qu’il est, c’est le seul à ne pas vouloir ma tête pour un crime que je n’ai pas commis !
Qui est ? 
Toute ma nouvelle famille m’accuse d’avoir assassiné notre Maître, celui qui m’a créée. Mais je te jure : j’ai rien fait !
Ça me rappelle quelque chose…
M’en parle pas !

Vous aimerez :
- la système des Convents vampiriques
- l'humour
- le pouvoir de Lia
- le côté Cluedo de l'enquête

Vous n'y trouverez pas :
- un style très soigné
- un cadre approfondi
- des personnages développés

Mon avis ?

A vrai dire, mon avis est mitigé... en lisant, j'étais incapable de me dire si j'aimais ou non ce roman. Il est bourré de qualités indéniables, mais la sauce ne prenait pas avec moi. Elle a fini par prendre sur les dernières pages (ce qui est un peu dommage, il faut l'avouer), et je vais vous expliquer pourquoi.

En fait, c'est à cause de l'humour. Il est très présent, surtout au début. Si il fait souvent mouche, qu'on rigole et qu'on s'étonne, il a aussi ce gros défaut de désamorcer toute tension, tout effet de suspens, et surtout de tenir l'émotion à distance. Or, l'émotion, pour moi, c'est ce qui m'aide à m'identifier aux personnages et à m'intéresser à eux. Du coup, ici, pendant les trois premiers quarts du roman où l'humour est omniprésent, je n'ai pas su m'attacher aux personnages, encore moins à Lia pour laquelle l'autodérision est un mode de vie. Ça aurait pu marcher si celle-ci avait eu une tendance plus approfondie à l'introspection, mais là, on reste clairement en surface. On sait juste qu'elle a été déçue côté sentiments par le passé, profondément trahie, mais ce sont des faits. L'auteur nous le dit, elle ne le raconte pas, et du coup je suis passée totalement à côté du personnage... Pourtant, c'est la principale, et j'avais tout pour m'y identifier objectivement : étudiante, qui fait des références cinématographiques et littéraires tout le temps, fan de plein d'expressions que j'utilise aussi... bref, ça aurait pu, mais non ! Vraiment dommage...

Les personnages secondes ne sont pas du tout développés non plus, mis à part le "sexy garde du corps écossais" qui, s'il fait un peu plat au début, se révèle tout à fait intéressant sur la fin quand on découvre son secret. Ah, ce chapitre, il a sauvé le roman tout entier et m'a donné envie de continuer à suivre les personnages ! Parce que dans ce chapitre, l'auteur révèle et raconte. L'humour est très léger, il intervient de manière pertinente, et l'émotion est tellement palpable qu'on a juste envie de serrer Amael entre nos bras de lectrices en lui disant que tout ira bien.

Sinon, mis à part l'humour qui empêche l'émotion, il y a aussi le décor, la ville, bref, l'ambiance des lieux. Tout est censé se passer à L. A., mais l'histoire pourrait se dérouler dans mon village de Provence qu'elle n'en serait pas différente... la ville des anges fait très carton-pâte. Et pour des personnages censés se parler en anglais, ils font mention du vouvoiement et du tutoiement, j'ai trouvé ça maladroit quand lesdits personnages sont censés parlés dans une langue pour qui le "vous" et le "tu" se réunissent sous un seul "you"...

Mais il y a des côtés positifs, quand même ! Déjà, les pouvoirs vampiriques liés à la personnalité de leur hôte. Lia, qui est une solitaire qui crève d'envie d'être bien entourée, par exemple, fait parler les objets ! Mention spéciales aux champignons d'humidité de la vieille salle de bain du motel qui chantent le générique de Mario Bross x) Oh, et assister à l'interrogatoire d'un porte-monnaie made in France par une pipe en bois écossaise, c'est juste tip top ! Le côté Cluedo est parfaitement assumé, et ça, ça marche du tonnerre.

Parlons-en, de l'enquête : simple mais efficace, elle sème le doute dans l'esprit du lecteur. Mon instinct m'avait soufflé la bonne identité d'un des coupables directement, mais l'auteur a su me perdre dans des fausses pistes par la suite... je me suis faite mener par le bout du nez du début à la fin. ^^

Ensuite, autre super bonne idée : l'organisation des vampires en différents Convents. Chaque Convent accueille un nombre précis de vampires : 13, ni plus ni moins, chacun avec un rôle et une attribution différente. Et un nom fixe. Qui que vous fussiez par votre passé humain, une fois vampire, vous prenez le nom du rôle qui vous est attribué. Lia Fail est donc à la fois le nom de la vampire et de son rôle. Ici, son nom est irlandais et a une signification particulière, liée à son rôle... j'en dis pas plus, mais si vous lisez ce roman, vous verrez, c'est un des aspects les plus réussis et les mieux gérés !

En gros, ce roman est bourré de bonnes idées : les Convents, la mythologie, le côté Cluedo. Mais il souffre d'un gros défaut de forme, notamment à cause de l'humour et du paratexte explicatif trop présent, qui empêche la plongée du lecteur dans l'histoire et le tient toujours à distance. Outre cela, côté forme, le style est parfois maladroit. Le récit souffre également d'un manque de profondeur, tant au niveau des personnages que des décors qui font assez plats.

Mais je ne regrette pas mon achat, et la fin plutôt prometteuse m'a donné envie de suivre les aventures du Convent  Orfhlaith...

2,5/5

samedi 22 septembre 2012

[Ambre Dubois] Les soupirs de Londres 1

Titre : Les soupirs de Londres, tome 1 - Le manoir des immortels
Auteur : Ambre Dubois
Editeur : Le Petit Caveau
Nombre de pages : 271
 
Londres, 1888. La ville est secouée par les épouvantables crimes de Jack l'Éventreur. Dans la petite communauté vampirique locale, dirigée par le ténébreux Rodrigue, l'on se pose des questions. Le tueur serait-il l'un d'eux ? La belle Stella, reconnue pour ses étonnants pouvoirs occultes, va être chargée de mener l'enquête auprès d'une curieuse famille bourgeoise, les Heartavy. Finira-t-elle enfin par découvrir la terrible vérité ? Avec ce premier roman prometteur, Ambre Dubois revisite une légende historique au sein d'un récit vampirique réussi, qui foisonne de rebondissements et de personnages surprenants. À découvrir...

Vous aimerez :
- la finesse du style
- le côté "polar victorien"
- le Londres d'époque et son ambiance
- la narratrice, Stella, héroïque et attachante !
- son acolyte, Corwin <3
 
 Vous n'y trouverez pas :
- des personnages secondaires très développés
- une mythologie vampirique explorée
- une vision originale du vampirisme

Mon avis ?
Quand j'ouvre un roman où il est question de vampires, de Londres et d'époque victorienne, j'ai toujours cette peur de tomber sur un énième ratage où l'auteur a mélangé tout ce qu'il aimait des romans de vampires et du 19e siècle, mais sans dosage ni recherches. Autant le dire tout de suite : ce n'est pas le cas ici. Au contraire, c'est une réussite totale.

Le prologue nous plonge au cœur de Londres, à Whitechappel, et nous observons un agresseur, identifié comme Jack L'éventreur, tombant sur sa prochaine victime. On visualise tout de suite le brouillard londonnien, les rues étroites, la nuit qui étire ses ombres, le tueur qui tend ses couteaux... Après lecture du roman, je suis revenue sur le prologue et je me suis rendu compte que toutes les clés, pour deviner l'identité de Jack L'éventreur, étaient là dès le début. Un joli fusil de Tchékov version Ambre Dubois, que je n'avais pas du tout vu venir, mais qui, dès le livre refermé et la révélation faite, m'a fait "tilt" - ou plutôt "pan !" ici ;-)
 
Lire ce prologue et plonger dans ce Londres mystérieux, c'est également partir à la rencontre du style d'Ambre Dubois, très moderne dans sa syntaxe afin d'aider le lecteur contemporain, mais au vocabulaire dix-neuviémiste maîtrisé de bout en bout. Les termes sont choisis à bon escient, les expressions anciennes sont placées au bon endroit. Il n'y en a assez pour plonger le lecteur dans l'ambiance, mais pas assez pour nous sauter aux yeux et nous alourdir la lecture. Un dosage parfaitement réussi aux yeux de la lectrice que je suis !

Autre point fort du roman : sa narratrice et héroïne, Stella. Une véritable femme du 19e siècle, avec sa retenue caractéristique et ses manières, mais également moderne dans sa tête, du moins pour l'époque à laquelle elle vit. Au final, on en sait peu sur son passé, mais son caractère est tellement entier et attachant qu'on remise cela à plus tard. Son attachement à l'humain et aux représentants de cette espèce est également un très gros point fort, qui revient souvent dans le roman car, là où d'autres personnages auraient réagi en vampires sanguinaires (hein, Drake ?!), Stella trouve le juste milieu pour ne pas détruire une vie, un homme, une existence...

Petit bémol sur les personnages secondaires peu développés : cela ne manque aucunement au roman, qui est complet tel quel, mais je suis curieuse et j'aurais aimé en apprendre un peu plus. Nul doute que cela viendra aux tomes suivants - que je compte acheter et dévorer, vous l'aurez deviné. ^^

Bémol un peu plus marqué, qui empêche ce roman d'être à "sang pour sang" un coup de cœur : le méchant qui explique de A à Z où, pourquoi et comment il a fait ceci, cela, quel était son projet etc. Je ne suis pas fan du procédé, et ça m'a un peu chagrinée. Mais qu'est-ce que cinq pages dans un roman qui en compte 271 ? Une goutte de sang dans l'océan ^^

Bref, une excellente lecture vampirique, à mon sens une des meilleures publications du Petit Caveau en romans. J'hésite entre acheter tout de suite les volumes suivants en papier, ou attendre Noël que j'aie ma liseuse pour me les procurer... dilemme XD

4,5/5

samedi 15 septembre 2012

[Olivier Péru] Druide

Titre : Druide
Auteur : Olivier Péru
Editeur : J'ai Lu
Nombre de pages : 603
1123 après le Pacte.
Au nord vivent les hommes du froid et de l'acier, au sud errent les tribus nomades et au centre du monde règnent les druides. Leur immense forêt millénaire est un royaume d'ombres, d'arbres et de mystères. Nul ne le pénètre et tous le respectent au nom du Pacte Ancien. Les druides, seigneurs de la forêt, aident et conseillent les hommes avec sagesse mais un crime impensable bouleverse la loi de toutes les couronnes : dans la plus imprenable citadelle du Nord, quarante-neuf soldats ont été sauvagement assassinés sans que personne ne les entende seulement crier.
Certains voient là l'oeuvre monstrueuse d'un mal ancien, d'autres usent du drame comme d'un prétexte pour relancer le conflit qui oppose les deux principales familles régnantes. Un druide, Obrigan, et ses deux apprentis ont pour mission de retrouver les assassins avant qu'une nouvelle guerre n'éclate. Mais pour la première fois, Obrigan, l'un des plus réputés maître loup de la forêt, se sent impuissant face à l'énigme sanglante qu'il doit élucider… Chaque nouvel indice soulève des questions auxquelles même les druides n'ont pas de réponses.
Une seule chose lui apparaît certaine : la mort de ces quarante-neuf innocents est liée aux secrets les plus noirs de la forêt
.

Vous aimerez :
- le style, aussi dense que la forêt décrite
- l'ambiance
- l'aspect terrifiant de l'ennemi
- le mélange polar et fantasy

Vous n'y trouverez pas :
- une intrigue surprenante
- un rythme haletant

Mon avis ?
J'attendais beaucoup de ce livre, et ses premières pages m'ont tout de suite conquise. Le style est foisonnant, juste sublime. La relation entre le druide Obrigan et ses apprentis est superbement décrite, et prend une ampleur incroyable à partir du moment où ils se séparent pour enquêter chacun de leur côté. De même, la scène à la Tour des Témoins restera pour moi un grand moment de lecture, tout comme la "transformation" du prince du Rahimir : d'abord perçu comme un régicide aux méthodes peu chevaleresques, Jarekson s'avère en fait un vrai défenseur de son royaume et d'une cause juste. On découvre l'homme sous le masque politique et c'est un des personnages les mieux réussis du roman. Les autres, à mes yeux, sont assez "plats", dans le sens où ils n'ont qu'une facette. Ils évoluent au fil du roman, mais aucun n'opère une transformation qui le rende aussi attachant que Jarekson.

La première moitié du roman est une réussite : suspens, découvertes sanglantes, enquête et fantasy... tout s'entremêle à la perfection ! Outre la métamorphose de Jarekson, j'ai adoré suivre les deux apprentis, leur découverte, les premiers affrontements avec les monstres, la découverte progressive de leur nature... un régal !!!

Toutefois, arrivée à la moitié du roman, j'ai perdu tout intérêt : si au début on suivait parfois l'un ou l'autre des apprentis d'Obrigan, ou les personnages secondaires comme le prince du Rahimir, ce n'est plus du tout le cas. On colle aux pas d'Obrigan le druide, enfermé dans une cité assiegée par l'ennemi. 250 pages de siège, et un shéma très répétitif : la nuit tombe, l'ennemi attaque, plein de morts, Obrigan découvre un indice que le lecteur avait déjà deviné seul. Le jour revient et les druides révisent leur défense. La nuit revient, l'ennemi revient aussi, plein de morts encore, Obrigan découvre autre chose... et cela quatre ou cinq fois d'affilée, avec des longueurs à mon avis inutiles sur les horreurs perpétrées pendant les combats. J'avoue que je me suis ennuyée d'un bout à l'autre du siège, c'est-à-dire de la page 300 à la page 550, ce qui est assez embêtant quand même.

L'intrigue est devenue prévisible à ce moment-là. Hormis les révélations sur le passé de l'univers fantasy, le schéma était répétitif, ce qui a tué à mes yeux toute notion de suspens, d'autant plus que les découvertes du druide venaient avec un temps de retard à chaque fois sur celles du lecteur.

La fin, heureusement, est à la hauteur du début, et la magie revient en même temps que l'intrigue se dénoue. Roh puis, n'ayons pas peur d'être une fangirl... <3 JAREKSOOOOOON <3

Du coup, au final, tout ce que je peux dire c'est que ce fut une lecture qui a très bien commencée et qui, sur la seconde moitié, s'est avérée décevante. Le souffle épique du début retombe comme un soufflé raté, et c'est bien dommage. Toutefois, les qualités du roman (style ciselé, monde riche et vivant, densité de la lecture) font que c'est une lecture que je ne regrette pas une seule seconde. Je lirai volontiers d'autres ouvrages de la plume d'Olivier Péru !

3/5


En plus, l'auteur du roman est aussi l'illustrateur de la couverture. Un mot : waouh !