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dimanche 28 juin 2015

[Sylvie Lainé] L'Opéra de Shaya

// Grand Prix de l'imaginaire 2015 \\
// Prix Bob Morane 2015 \\
 
  So-Ann, née dans un vaisseau spatial, a du mal à s’habituer aux coutumes étranges et contraignantes des mondes où se sont établis les humains. Alors quand elle entend parler de Shaya, cette planète où la faune et la flore sont en totale empathie avec ses visiteurs, elle n’hésite pas une seule seconde. Mais en vérité, qui s’adapte à qui ? Quels mystères se cachent dans ce monde qui semble idéal ?
L’Opéra de Shaya est un space opera envoûtant et magique, accompagné de trois autres nouvelles tout aussi fortes et sensibles.
Sylvie Lainé est sans aucun doute l’une des plus belles plumes de l’imaginaire en France. Récompensée à maintes reprises, traduite en plusieurs langues, elle tisse depuis trente ans des histoires qui ne cessent de nous interroger sur notre humanité et notre rapport à l’autre.

Le rapport à l'autre... un thème qui me parle particulièrement du fait de mes convictions personnelles, mais aussi de par mes études, qui se sont jusqu'à présent concentrées sur l'interculturalité et le multiculturalisme. J'avais déjà lu un précédent recueil de l'auteur, Marouflages, que j'avais adoré pour ce même thème central. Ici, j'ai retrouvé tout ce que j'avais déjà adoré dans ses nouvelles, et plus encore. C'est donc un coup de cœur ! \o/

Ce recueil porte le nom de la plus longue des nouvelles présentées, une novella en fait, qui raconte l'exil volontaire d'une femme sur une planète qui a la particularité d'absorber les éléments génétiques de ses visiteurs. Ainsi, il n'est autorisé qu'un humain par parcelle, afin de ne pas surchargée le réseau planétaire d'informations. Les souvenirs, les connaissances acquises et innées, notre forme corporelle, notre manière de pensée... tout est transmis à cette planète et ses habitants, aux plantes et aux fleurs, qui prennent au fil des jours la forme que l'on désire et/ou que l'on voit en elles. Ainsi, un petit animal se prend d'affection pour l'exilée humaine sur Shaya, qui voit en lui un chat... et l'animal en prend la forme et le comportement peu à peu.Il en va de même pour les créatures sentientes, qui s'humanisent de manière étonnante et... surprenante.

Ajoutez à cette approche subtile et intelligente une écriture fluide et belle, qui sert magnifiquement le propos sur l'altérité ouverte, et vous obtiendrez ce petit bijou d'émotion et d'optimisme, mais jamais niais, en témoigne la chute renversante et troublante de L'Opéra de Shaya. Je ne suis pas surprise qu'il ait obtenu deux prix depuis que je l'ai acheté : c'est un recueil qui vaut le détour, et même un long passage réflexif !
 
Les autres nouvelles, tout aussi belles mais plus courtes, développent la réflexion à travers différentes histoires qui relèvent toutes du space-opéra. L'interview qui clôt le recueil confirme d'ailleurs tout le bien que je pensais de l'auteur, sur un plan humain aussi bien que littéraire.
Dois-je aussi préciser que l'ouvrage est préfacé par Jean-Marc Ligny ? J'ai d'ailleurs La Mort peut danser dans ma PAL, acheté avec l'Opéra de Shaya lors du salon de Lambesc près de chez moi, l'an passé... Maureen de Bazar de la Littérature en a dit beaucoup de bien, il va falloir que je le lise très bientôt. ^___^

Et comme ActuSF fait toujours bien les choses, en plus, c'est un recueil à petit prix, en papier comme en numérique. N'hésitez pas : foncez ! ^^

mardi 15 juillet 2014

[Pascal Bléval] Chroniques d'une humanité augmentée

Titre : Chroniques d'une humanité augmentée
Auteurs : Pascal Bléval
Éditeur: [auto-édition numérique]
Nombre de pages : 67
Ebook only ! Disponible au prix d'1€60 sur Kindle.

Julien Sciarmozzi a un problème. Un gros. Quelque chose cloche dans sa tête, il a comme des absences inexplicables. À moins que ce ne soit la réalité qui se trompe ? Nicolas ne se conçoit qu’au travers des réseaux sociaux. Est-ce dans le but de combler un manque affectif, ou pour une raison autrement plus sérieuse ? Et que dire de Marc, cet homme immergé dans un monde où chacun ne jure plus que par l’apparence virtuelle — en réalité augmentée — de ses collègues ?
Perdus dans le mince interstice séparant le monde réel de l’univers virtuel, les personnages de ce recueil nous entraînent dans leur sillage…
Oserez-vous franchir les limites du réel en leur compagnie ?

Vous aimerez :
- l'apport original fait à la thématique choisie
- la forme du recueil
- l’interaction entre les différentes nouvelles et leurs personnages
- l'écriture riche et déliée


Vous n'y trouverez pas :
- un récit riche en batailles et cie
- une humanité physiquement augmentée

Mon avis ?
Pour beaucoup, une humanité augmentée l'est par son physique : prothèses hyper-technologiques, œils bioniques, force surhumaine, ambiance cyberpunk... Pour Pascal Bléval, l'humanité augmentée est, paradoxalement, une humanité réduite. Réduite à quoi ? Mais à des données informatiques bien sûr ! Un copier-coller et, hop !, quand vous mourrez puis renaissez, direction les serveurs spatiaux où vous attendent votre place. C'est d'autant mieux trouvé et bien pensé que l'auteur associe cette évolution d'un genre nouveau à une déliquescence progressive de notre environnement (mais est-elle bien naturelle ?)

Composé de 4 nouvelles à part entière et de 4 "interstices" dont il serait drôlement dommage de vous dévoiler le contenu véritable, Pascal Bléval nous livre ici une exploration-analyse détaillée de la façon dont l'humain pourrait tendre à évoluer vers le numérique. Chaque nouvelle est une étape de cette évolution, et les interstices apportent un regard extérieur doublé d'une analyse des événements, qui enrichit d'autant plus ce que l'on a lu et ce que l'on s'apprête à lire. L'ensemble forme un tout cohérent, extrêmement bien ficelé, où chaque nouvelle se fait écho et s'enrichit mutuellement. Il est rare qu'un auteur parvienne à ce degré de précision dans l'agencement de ses récits, et Pascal Bléval y parvient avec une facilité apparente épatante (en tant qu'auteur par ailleurs, je ne peux qu'imaginer le travail de fourmi que cela dû représenter en vérité, et ouvrir la bouche, béate d'admiration ^^).

Autant vous le dire tout de suite : ce n'est pas un récit où l'action a la part belle. On se trouve plutôt du côté introspectif de la force. Après, il ne s'y passe rien non plus, mais disons que le propos se tourne vers l'humain, vers son intériorité et ses questionnements. C'est une SF à taille humaine, avec des interrogations que nous commençons déjà à nous poser aujourd'hui, avec le principe de la réalité alternative numérique (ici appliquée à l'humain). Pour vous donner une idée de l'approche philosophique choisie par l'auteur, je peux vous évoquer le début de la première interstice, qui n'en est pas vraiment une puisqu'elle ouvre le recueil (à moins qu'on puisse considérer notre réalité personnelle comme une nouvelle et une étape préalable à part entière, héhéhé ;-) : l'interstice aborde le mythe de la caverne de Platon, un retour aux sources de la philosophe avant d'effectuer un énorme bond dans le futur.

Difficile d'en dire plus sur ces quelques 67 pages sans vous gâcher le plaisir de lecture, sinon que le style est fluide, assez riche mais pas ampoulé, et que l'ensemble est très, très propre (je n'ai vu aucune faute, c'est du travail d'auto-édition trèèèès bien fait !)

C'est l'auteur qui m'a proposé de le lire en avant-première, et je l'en remercie, car c'est un véritable coup de cœur ! Chroniques d'une humanité augmentée est un recueil de nouvelles formidable, pleinement satisfaisant, qui vous happera de la première à la dernière page. Le suspens ne tient pas tant au destin des personnages dont il est question, qu'à celui de l'humanité toute entière.

Survivrons-nous à l'ère du numérique ? Sera-t-elle notre ennemie ou notre alliée ?
Lisez, vous saurez.
(J'aime encore plus le fait que ce livre soit disponible en numérique uniquement, je trouve que cela annonce et prolonge l'allégorie principale de belle manière ;-) )

mercredi 27 novembre 2013

[Armand Cabasson] La Chasse Sauvage du colonel Rels

Titre : La Chasse Sauvage du colonel Rels
Auteur : Armand Cabasson
Editeur : ActuSF
Nombre de pages : 216 en papier (~136 en numérique)

Lorsque la fantasy se perd dans les méandres de l'Histoire...



... on peut voir le roi Peste mener ses troupes dans un Londres ravagé par la maladie. Partir à la rencontre de Giacomo Mandeli, peintre de génie contraint de travailler pour l’Inquisition. Suivre les Vikings de Knut affrontant les armées anglo-saxonnes, ou, alors que la guerre de Sécession fait rage, vivre la dernière chasse sanglante du colonel Rels.



Russie, Japon, Irlande, Espagne, États-Unis... Armand Cabasson nous entraîne dans un périple à travers l’Histoire, les légendes et les guerres, pour nous offrir des moments de fantasy forts, puissants, servis par une poésie sauvage.

Vous aimerez :
- la variété des lieux et des époques visités
- le style très imagé
- le fantastique paré des atours de la fantasy

Vous n'y trouverez pas :
- de récit sans violence
- de récit moraliste et/ou manichéen

Mon avis ?
Un très bon recueil, aux textes variés, surprenants !

Le fantastique s'invite de différentes façons dans les nouvelles. Il est parfois un élément surnaturel tel que nous en avons l'habitude. D'autres fois, c'est parce que les événements mêmes décrits dans la nouvelle n'ont jamais eu lieu, quand bien même s'inscrivent-ils dans l'Histoire réelle et se présentent-ils avec tous les traits que l'on veut bien prêter à un fait historique reconnu... de jolis tours de force, d'autant plus que chaque nouvelle se tient dans une aire culturelle ou une époque différente. A chaque texte, j'étais un peu plus béate devant l'érudition de l'auteur – ou sinon de la minutie de ses recherches.
1348 ouvre le recueil, nous décrivant une ville de Londres méconnaissable, assaillie par les troupes du roi Peste – oui, une maladie incarnée. Cette nouvelle sonne aussi grand et fort qu'une symphonie d'ouverture : toute l'horreur et l'absurdité de la guerre et de la maladie s'y retrouvent et résonnent, alors que nous suivons un héros qui n'a rien d'héroïque se frayer un chemin dans la ville ravagée. J'avoue que cette première nouvelle m'a laissée songeuse, au début, car j'ai d'abord cherché à l’interpréter, alors qu'en fait, mieux vaut se laisser porter... ce que j'ai fait, et je n'ai pas regretté même si ce n'est pas une de mes préférées du recueil.

La Chasse Sauvage du colonel Rels, dont le recueil tient son titre, nous plonge en pleine guerre de sécession. J'ai aimé l'ambiance, et la ruse du personnage principal, qui n'est pas un ange, loin de là. Calculateur, étrangement démoniaque, il constitue à lui seul l'élément fantastique de cette nouvelle, quand bien même est-il entièrement humain. Mais ses actes et ses exploits le rendent surhumain, presque... surnaturel. Jolie chute, au passage, qui renforce cette impression de surnaturel au cœur de l'humain !

L'Héritage, nouvelle japonisante, se passe à l'époque des fameux samouraïs. Je l'ai bien aimée, j'ai trouvé que la narration (surtout sur la fin) se rapprochait du ton des nouvelles japonaises authentiques, mais j'ai été un peu déçue par la simplicité de l'ensemble, d'autant plus qu'il y a certains passages très descriptifs sur des détails culturels qui m'ont un peu ennuyée. Un rendez-vous manqué, pour cette nouvelle, malheureusement.

Giacomo Mandeli, gros coup de cœur pour cette nouvelle qui raconte le voyage d'un peintre de la Renaissance, qui quitte sa Florence adorée pour rejoindre l'Espagne de l'Inquisition. Deux cultures contemporaines l'une de l'autre mais très peu souvent mises face à face, et j'ai adoré le choix osé de l'auteur effectué ici ! Chapeau ! De même, j'ai adoré le sujet en lui-même : le peintre est réputé pour son talent, celui de révéler le vrai visage des choses quand il les peint. C'est pourquoi, pour mieux combattre son ennemi, l'Inquisition lui commande un portrait de Satan... une nouvelle exquise, très bien écrite, avec une belle réflexion sur l'Art et la religion, sans maniérisme ni manichéisme. Une perle d'écriture !!

Les Chuchotements de la Lune nous emporte encore du côté du Moyen-Âge, mais chez les Vikings cette fois-ci ! Armand Cabasson revisite le mythe des berserks et des lycans tout à la fois, pour nous livrer ici une nouvelle pleine du feu de la guerre et du sang du sacrifice... quelques longueurs, mais j'ai bien aimé le personnage principal.

Saint Basile le Victorieux est probablement l'unique nouvelle du recueil à laquelle je n'ai pas, mais alors pas du tout accroché. Tout y est, pourtant : contexte intéressant, style impeccable, ambiance de fin du monde... mais je ne sais pas, je n'ai pas réussi à entrer dans le texte, pas une seule fois – probablement à cause du personnage central, imbuvable (si l'auteur voulait nous le faire détester, c'est réussi ^^).

Le Minotaure de Fort Bull nous ramène aux États-Unis à l'époque de la guerre de Sécession, et j'ai encore plus aimé cette nouvelle que la précédente sur le sujet ! Je n'en dirai pas plus sur cette nouvelle, si ce n'est que c'est un de mes coups de cœur et que j'ai eu l'impression de lire une histoire à la source des mythes. Voilà. C'est dit : une histoire d'une résonnance épatante, tant au niveau historique que mythologique... et humain. Sans concessions ni manichéisme. Extraordinaire !

Les Mange-Sommeil, nouvelle qui clôt le recueil... et diffère complètement des autres textes. pas de grande bataille, ici, sinon celle de la vie et de la mort. Une histoire d'enfants et de magie ; de mort et de fées. Un énorme coup de cœur, aussi, pour cette nouvelle finale. De nombreuses larmes versées, aussi, car le sujet et le personnage m'ont particulièrement touchée – à dire vrai, cela fait écho à des choses que j'ai vécues. Un texte poétique mais dur, froid mais rassurant, chaleureux par d'autres côtés... superbe.

Pour conclure cette (très longue) chronique, je voulais saluer l'auteur pour les incroyables recherches qu'ils a dû mener. Cela se ressent dans la qualité des textes, sans pour autant les alourdir : une réussite ! Je n'ai certes pas aimé toutes les nouvelles du recueil, et dans celles que j'ai aimées il y a divers degrés, mais j'ai beaucoup apprécié ma lecture. Je retiendrai tout particulièrement la nouvelle sur Giacomo Mandeli et les deux textes finaux, qui m'ont émue et transportée loin, très loin à l'intérieur de moi.

Merci, Monsieur Cabasson, pour ces trois nouvelles-là en particulier... les mots sont d'une extraordinaire justesse, on entend murmurer la source des mythes en dessous d'eux, et la voix des Humanités toute entière. C'est une lecture que je vais longtemps porter en moi.

mercredi 19 juin 2013

[Vanessa Terral] Les Vagues de Clamatlice

Titre : Les Vagues de Clamatlice, suivi de Saison de pluie sur Clamatlice
Auteur : Vanessa Terral
Editeur : Voy'[el] – Collection e-courts
Nombre de pages : ~33 pages
En numérique uniquement.
A télécharger sur Immatériel !
 
Clamatlice, un monde bien loin de notre Terre, surprend les voyageurs par ses plages de sable vert, ses deux lunes, sa végétation singulière et son surnom : la Planète aux Mille Pensées. Les premiers colons évoquent parfois, à mi-voix, des créatures gigantesques et une nature guidée par une forme de conscience. Bien entendu, les nouveaux arrivés – tel Noota, un jeune surfeur – ne croient pas à ces superstitions…
Jusqu’à ce que Clamatlice murmure à leur esprit.
 
 Vous aimerez :
- la douceur poétique de l'écriture
- le zeste de sagesse asiatique
- les créatures fantastiques

Vous n'y trouverez pas :
- d'histoires pessimistes
- de récits moralisateurs
 
Mon avis ?
Lu en moins d'une heure, ce court recueil numérique réunit deux nouvelles se situant dans le même univers, et il m'a offert une parenthèse bienheureuse et apaisante au sein d'une journée fort chargée. Promesse tenue pour ce micro-recueil qui annonçait d'emblée son exotisme et son caractère optimiste. On ressort serein de cette lecture, bienheureux et reposé. Pour autant, aucune naïveté à craindre : au contraire, c'est subtilement dosé, sans tomber dans la mièvrerie. La sérénité de cette lecture tient autant aux histoires racontées qu'au style de l'auteur, ici fin, léger, optimiste et coloré. Un style très différent de L'Aube de la guerrière, de la même auteur, récit que j'avais déjà beaucoup aimé.

Nous découvrons donc Clamatlice, planète guidée par une sorte de conscience collective et animale, où il n'est pas question de lutte de l'humain contre l'animal mais, au contraire, d'histoires humaines au sein d'un monde profondément conscient de sa propre existence. Un monde qui veille sur l'humain, où pour une fois la nature est accueillante et, l'humain, lui, presque sage... presque. ;-)

Le recueil contient deux nouvelles, chacune illustrant l'un des nombreux visages de Clamatlice...

Les Vagues de Clamatlice raconte l'histoire de Noota, jeune surfeur immigré de la Terre sur Clamatlice, qui tente de dompter les vagues... mais il ne surfe plus avec le même talent qu'auparavant, l'eau ici semble le rejeter. Jusqu'à ce que les créatures y demeurant décident de l'appeler à lui... j'ai beaucoup apprécié cette nouvelle, car la nature y est tout à la fois menaçante et accueillante, sans que l'auteur n'insère à un seul moment une bonne vieille phrase moralisatrice. Ici, l'harmonie est mise en avant : c'est reposant, agréable, et pour autant le récit ne perd pas en intérêt.

La nouvelle qui suit, Saison de pluie sur Clamatlice, est plus sombre dans le sujet : l'histoire d'une petite fille qui sert de souffre-douleur à l'école, et va trouver un allié inattendu dans la nature même de la planète. J'ai été touchée par la tristesse de l'enfant, et par la solution qui finit par se présenter à elle. Cette nouvelle, bien que relevant de la SF, pourrait être racontée comme un récit de vie, un retour d'expérience de l'enfant qui sommeille en nous.

En conclusion, Les Vagues de Clamatlice est un micro-recueil où poésie et sagesse ne font qu'un, où l'humain et l'animal se côtoient sans qu'on nous assène de morale toute faite. Si vous êtes à la recherche d'une SF optimiste mais pas naïve, car dotée d'un fond philosophique fort mais jamais moralisateur, alors n'hésitez pas et embarquez pour Clamatlice !

Le billet est à 0€99 seulement, sur la compagnie E-court, et m'est avis que vous ne regretterez pas le voyage ;-)
Merci aux éditions Voy'[el] pour ce service presse dépaysant et ô combien reposant !

4/5

mardi 2 avril 2013

[Franck Ferric] Dernière semaine d'un reptile

Titre : Dernière semaine d'un reptile
Auteurs : Franck Ferric
Editeur : Éditions du Riez
Nombre de pages : 244

Dans son petit appartement minable, Julius vit une existence qui ne vaut pas beaucoup mieux. Sa petite amie l’a plaqué. Son job est idiot. Sa voisine est fêlée. Son unique échappatoire est l’écriture, à laquelle il se consacre tous les jours. Ses histoires parlent de plombiers de l’espace lancés à travers les intestins de l’Univers, de clochards vampires courant après le soleil, de gamins qui préfèrent la chasse au dragon aux bancs de l’école.
À travers huit nouvelles de fantastique, de fantasy et de science fiction, toutes liées à de grands thèmes mythiques ou légendaires, « Dernière semaine d’un reptile » retrace les sept derniers jours d’un écrivain looser et solitaire, sa glissade délirante dans sa folie intime, dans la folie du monde.
Franck Ferric est né en 1979 à Bourges. Il est l’auteur de deux romans, « La Loi du désert » et « Les Tangences Divines ». Il a publié une quarantaine de nouvelles dans diverses revues et anthologies (notamment aux éditions de l’Oxymore, Argemmios, Malpertuis, Rivière Blanche). Certaines ont été rééditées dans son premier recueil, « Marches Nocturnes ». « Dernière semaine d’un reptile » est son deuxième recueil.

Vous aimerez :
- le format poche
- la construction originale du recueil
- les nombreux symboles qui émaillent les textes
- la variété des genres et des époques

Vous n'y trouverez pas :
- un prix bas pour un poche
- des textes optimistes
- de vraies réponses à vos questions

Mon avis ?
Préparez-vous à une plongée dans l'étrange ! Au cours de la Dernière semaine [du] reptile nommé Julius, chaque jour apporte son lot de bizzarerie, de folie intime et d'angoisses. Et à chaque jour, sa nouvelle. En effet, le recueil propose une construction très originale et vraiment agréable à suivre : avant et après chaque nouvelle se trouvent quelques pages qui relatent la journée de Julius, et pourquoi et comment il en vient à écrire telle ou telle nouvelle. Entre les échos qui persistent de la vie de Julius aux nouvelles qu'il écrit, on observe une construction faite en croisements et en inversion : un peu comme si plus les nouvelles de Julius étaient réalistes, et plus sa vie prenait une tournure étrange !

Je ne vais pas en dire plus, pour ne pas vous gâcher la surprise et conserver le mystère jusqu'au bout. Je vais plutôt vous parler du style de l'auteur : déjà, dans La loi du désert, Franck Ferric m'avait épatée par son style très maîtrisé mais jamais ampoulé. Ici, c'est toujours le cas, mais vous y trouverez en plus une dimension symbolique très forte, d'autant plus que nombre de mythes affleurent au détour d'une phrase ou d'une autre, comme une ombre déformée de la réalité qui nous est contée. Des trouvailles discrètes, fugaces, mais qui émaillent le récit comme de petites perles brillantes et merveilleuses. Non, franchement, j'ai adoré !!

Mais ne vous y trompez pas : c'est sombre, très sombre, et le style appuie sur l'ambiance, tant et si bien que celle-ci pèse rapidement. J'ai eu beau lire une nouvelle par jour (j'ai commencé à lire le recueil un dimanche, d'ailleurs, puisque celui-ci s'ouvre sur un dimanche (presque ordinaire) dans la vie de Julius !), l'ambiance m'a vraiment pesée.

En somme, c'est un excellent recueil de nouvelles dont la qualité m'a laissée béate d'admiration. Il est rare qu'un recueil parvienne à une telle unité au niveau de l'ambiance, à une telle cohérence au niveau du fil rouge, où chaque texte se fait parfaitement écho. N'aurait été l'ambiance vraiment étouffante, j'aurais sans doute attribué la note maximale et apposé la mention "coup de cœur". Mais cette sensation d'angoisse à la lecture témoigne du grand talent de l'auteur à explorer son thème jusqu'au bout, et fait de Dernière semaine d'un reptile une lecture dont on ne ressort pas indemne.

4/5

Un grand merci aux éditions du Riez et au forum de Mort-Sûre pour ce partenariat !! :)

mercredi 6 février 2013

[Thomas Day] Women in chains

Titre : Women in chains
Auteurs : Thomas Day
Nombre de pages : 208

Mexique : Juárez. La ville monstre dévore ses femmes. Leurs souffrances et leur sang nourrissent des cauchemars si anciens que la mémoire des hommes les a oblitérés.

Allemagne : Un eros-center. Cinq étages sans ascenseur, plaisir hâté pour luxure tarifée. La romance qui naîtrait dans ces murs ne pourrait que se poursuivre dans la folie et la violence.

Groenland : L’hiver est le dernier refuge de Cassandra. La désolation glacée pour couver l’oubli. L’oubli de soi et du pouvoir de trop en voir.

Afghanistan : Nous sommes les violeurs. Mercenaires et touristes. Toubib, Bobbie, Goran, le Juif et l'Australien... En mission, mystiques, égarés. Nous sommes les violeurs. Nous sommes les libérateurs.

France : Les poings qui vengent, les pistons qui rendent les coups. Tous les coups silencieux de la lâcheté des hommes. La revanche extraordinaire sur la violence ordinaire.

Auteur d'une douzaine de romans, Thomas Day signe ici une petite pentalogie des violences faites aux femmes. Cinq récits aux frontières du réel, qui interpellent, choquent ou font réfléchir.

Vous aimerez :
- la réflexion menée en filigrane
- la progression des nouvelles, qui vont des ténèbres à l'espoir
- les styles, divers et variés, sous une même plume

Vous n'y trouverez pas :
- une dimension fantastique très appuyée

Mon avis ?
Women in chains est un recueil aussi difficile à lire qu'à présenter. Je pourrais vous parler des violences faites aux femmes pendant dix mille pages que mes mots n'auraient pas sur vous le même effet – percutant, appuyé, raisonné et émotionnel – que ceux de Thomas Day.

Le recueil contient cinq nouvelles, cinq coups de poings. D'abord très fort, très noir, puis progressivement un fond moins violent où perce l'espoir, avec des sujets toujours traités à fond. J'ai apprécié que le recueil commence très sombre et finisse de manière plus légère, moins brutale, car cela nous aide à "digérer" l'illustration mise en récit des violences faites aux femmes.

Je ne crois pas avoir à en dire beaucoup plus sur les nouvelles que ce qui est dans la quatrième de couverture, car ce serait atténuer la force du propos contenu dans ce livre. Je dirai seulement que la nouvelle qui m'a le plus retournée est Nous sommes les violeurs : beaucoup moins violente que les nouvelles précédentes car nous n'assistons pas aux "faits", elle se place du côté des "bourreaux" (avec des guillemets, vous saurez pourquoi si vous lisez...) et, en un seul paragraphe, toute votre bonne morale s'effrite et tombe en cendres...

Un tour du monde en cinq étapes des violences faites aux femmes ; un voyage littéraire dont on ne revient pas indemne, ni mentalement ni moralement. Women in chains remet tout en question, vous secoue les neurones, vous fourrage dans le cœur, vous fait bondir de votre canapé, vous attriste, vous révolte...

Vous révolte.

Women in chains, c'est tout ça à la fois, et bien plus encore.

4,5/5

dimanche 9 décembre 2012

[Carau & Darco] Masques de femmes

Titre : Masques de femmes
Auteur : Elie Darco et Cyril Carau
Editeur : Sombres rets
Nombre de pages : 220
1800, les Lumières s’éteignent, laissant en héritage une certaine idée du progrès, retranchée du bonheur qu’on lui imputait. Durant les cent années qui vont suivre, les grandes cheminées vomissant la suie, les guerres toujours présentes, le colonialisme et les sciences refouleront jusqu’aux portes du néant l’irrationnel du tréfonds des rêves, l’inventivité des frontières de la pensée. Mais le surnaturel fascine et s’oppose à la raison, à la réalité policée d’une société plus industrieuse que culturelle, plus scientifique que mystique. Sur le tombeau du XIXe siècle, treize nouvelles fantastiques illustrées se recueillent, pour faire écho au romantisme noir, à l’esthétique macabre, au symbolisme qu’affectionnaient les artistes et intellectuels de l’époque. Paris, durant la Commune, Cécile fuit la folie de la semaine sanglante en s’adonnant à des voyages, à des rencontres d’outretemps. Prague, Deirdre la non-vivante, en quête de sang et de vérité, poursuit son engendreur de sa vengeance. Séville, une gitane tente de changer le destin d’un jeune médecin aux notes langoureuses d’un flamenco. Venise, Fausta, aristocrate et aventurière, plonge au coeur des sombres secrets de la cité des Doges. Londres, modèle et muse des peintres préraphaélistes, Jane vous invite au mystérieux festin des Dieux.
Treize histoires de femme, mère, amante, épouse, femme du monde, femme fatale ou femme-objet. Treize destins étranges, troublants, tragiques ou émouvants à effeuiller comme un antique journal exhumé d’un grenier. 

Vous aimerez :
- l'écriture à quatre mains
- la variété des lieux historiques visités
- l'intertextualité intralittéraire du recueil
- les illustrations

 Vous n'y trouverez pas :
- de SF ou de fantasy
- un fil rouge très présent

Mon avis ?
La force de ce recueil fait aussi sa faiblesse : nous sautons d'une époque à une autre, d'une ambiance à une autre, d'une écriture à une autre, et la variété n'a pas su me plaire à tous les coups. Il y a des textes que j'ai clairement aimé, d'autres qui m'ont clairement ennuyée voire dégoûtée. Je sais que c'est un peu dur comme début de chronique, voire comme critique tout court, mais je ne pouvais pas parler de recueil sans évoquer cette divergence d'opinion personnelle très marquée d'un texte à un autre. Je ne pense pas que j'aie préféré un des auteurs à l'autre, car à chaque fois que je n'aimais pas une nouvelle, ce n'était pas celle d'un auteur en particulier. Mais je sais d'où vient cela : chaque nouvelle que je n'ai pas aimé faisait étalage de longues scènes d'orgies sexuelles qui, trop crues, n'ont pas su m'atteindre du tout. Pourtant, je ne suis pas une petite nature, et elles ne sont pas mal écrites non plus, mais je n'ai tout simplement pas adhéré à la débauche de luxure et de détails glauques. Hmm... oui, en fait, plus que la présence du sexe, c'est le côté glauque et malsain qui m'a rebutée. De fait, j'ai vraiment achopé sur les nouvelles en question. Heureusement, elles ne sont pas nombreuses (même si elles constituent, je pense, un quart du recueil tout de même).

Ce à quoi j'ai adhéré, en revanche, c'est le style. Que ce soit celui de Cyril Carau ou d'Elie Darco, quelle précision, quelle subtilité ! Il y a de très belles images, les phrases sont rythmées, chaque nouvelle est un bijou ciselé, une perle de beauté littéraire. C'est fin, élégant, poétique, et jamais dans l'excès. On sent des auteurs cultivés, amoureux des mots, de la langue, de ses jeux sémantiques, et c'est un vrai plaisir que de les suivre d'une phrase à l'autre, parfois dans des métaphores filées sur des pages et des pages !

Je retiendrai trois nouvelles de ce recueil :
* La vieille femme et la mer, d'Elie Darco : un magnifique chant du cygne féminin, poignant et prenant, d'une femme part rejoindre les hommes que la mer lui a volés... elle embarque à bord d'une coque de noix qu'elle a volée, et vogue la galère... jusqu'à un final éblouissant. Le texte m'a énormément touchée. J'en ai eu les larmes aux yeux.
* L'origine du monde, d'Elie Darco : à Alger, un homme part à la conquête d'une femme dite "femme-montagne", une noire énorme et sensuelle qui lui réserve une surprise tout autre que celle qu'il attendait... l'écriture est ici vive, sensuelle, exotique, j'ai adoré !
* Des visages de la Lune, de Cyril Carau : la nouvelle qui clôt le recueil. De Marseille à Caracas, l'auteur nous plonge dans un voyage au coeur de l'étrange, où les super-héros d'antan sont des Protecteurs qui luttent pied à pied contre le mal, et contre une déesse du nouveau monde qui cherche à renaître... la déesse de la guerre et de la lune... original, rythmé, bien écrit, et plein de référence aux nouvelles précédentes, un régal !

Après quoi, je n'ai pas vraiment été transportée par les nouvelles même si je les ai aimées. J'attendais beaucoup de ce recueil, sa couverture m'ayant vraiment tapé dans l'oeil, de même que le résumé, mais je crois que la trop grande diversité d'ambiances n'a pas joué en ma faveur.
Toutefois, il serait dommage de passer à côté : si je n'ai pas tant aimé qu'attendu, ce n'est pas une affaire de qualité générale mais bien de goût personnel ! ^^

Et pour terminer cette chronique, un petit aperçu des illustrations intérieures en N&B que j'ai personnellement bien aimées :



3/5

jeudi 8 novembre 2012

[Sylvie Lainé] Marouflages

Titre : Marouflages
Auteur : Sylvie Lainé
Nombre de pages : 124
 
Sylvie Lainé se sert de la science-fiction pour décrire comment, avec brutalité ou avec bonheur, en jouant avec le mensonge ou avec notre propre vérité, nous inventons notre rapport à l’autre et notre propre vie.
À travers les trois nouvelles de ce recueil, elle nous rappelle que le chemin importe parfois plus que le but, qu’on peut vivre avec un amour perdu en apprenant simplement à marcher à la bonne cadence. Ses personnages nous enseignent de l’intérieur comment on construit ses vérités, couche après couche, comment s’enchaînent les conséquences... et à quoi peuvent conduire les meilleures résolutions.
Pour la nouvelle Les yeux d’Elsa, Sylvie Lainé a obtenu le Grand Prix de l'Imaginaire, le Prix Rosny aîné, et le Prix du Lundi.
Marouflages est le troisième recueil de Sylvie Lainé aux éditions Actusf, après Le Miroir aux Eperluettes et Espaces Insécables.


Vous aimerez :
- l'espoir et l'optimisme des textes
- le style simple en apparence, profond en réalité
- trouver l'Altérité de l'Autre en vous-même...

Vous n'y trouverez pas :
- de la SF à effets spéciaux
- de l'action, des batailles, etc.

Mon avis ?
Le recueil contient trois nouvelles : la première et la dernière sont le reflet l'une de l'autre, dans le sens où ce sont toutes deux des nouvelles d'ambiance, et que si la première décrit le début et le développement d'une histoire d'amour assez particulière, la dernière s'attache à un personnage qui vient de rompre et cherche à se reconstruire. La nouvelle centrale est une nouvelle à chute, pour le moins efficace ! Tellement efficace que je la relirai avec, en tête, ladite chute, afin de voir où sont placés les indices qui, j'en suis sûre, s'étalaient sous mes yeux, là, de manière évidente ^^

En dépit de récits assez courts, la caractérisation des personnages est fine, et l'on s'attache vite à leurs destinées. Destinées qui sont mêlées et causées à celles d'autres personnages, et je dirais même de l'Autre, avec un grand A. Dans le sens où l'Altérité d'autrui est au centre de ce recueil finement ciselé.

Dans Les Yeux d'Elsa, l'Autre est un dauphin. Sur une Terre en partie submergée, Charlie est chargé de ramener des dauphins à une entreprise. Ces dauphins serviront de main d’œuvre à plusieurs chantiers, car ils sont dotés de sapience, de parole, etc. Ils ont été génétiquement modifiés, et les expériences se poursuivent... le lecteur découvre peu à peu dans quel sens, quand Charlie rencontre Elsa, une femme dauphin de laquelle il tombe amoureux. Une longue nouvelle, ou petite novella, vraiment touchante par le destin des deux personnages. L'univers développé est surprenant, décalé, et infiniment sérieux. Le ton est grave, l'histoire est belle, et la fin... je vous laisse le découvrir.

Dans la seconde nouvelle, Le prix du billet, l'héroïne est désespérément amoureuse d'un certain Peter, qu'elle guette à la gare de sa ville. Mais à la place de Peter, une jeune femme se présente et s'invite chez elle. Une rencontre qui va tout changer... une rencontre qui, peut-être ?, n'aurait jamais dû avoir lieu. La SF, dans cette nouvelle, est très légère. La SF, parfois, ça tient juste à la manière que l'auteur a d'explorer l'âme humaine. C'est le cas ici, et c'est très réussi.

Dans la dernière nouvelle, Fidèle à ton pas balancé, un homme apprend à revivre après une rupture douloureuse. C'est l'histoire courte, belle et touchante d'un humain comme un autre qui apprend à s'apprivoiser lui-même, à s'aimer à nouveau, à s'estimer. Bref, qui se reconstruit et se retrouve à travers la figure d'une Autre.

Un excellent recueil, en somme, que je recommande à tous les amateurs de récits de SF proches de l'humain. Beaucoup d'émotion, un soupçon de philosophie... un style simple en apparence, profond en réalité, limpide au niveau des émotions, j'ai beaucoup aimé. :-)

4/5

Attention, cependant, je vous déconseille de lire la préface avant de lire les nouvelles  : elle en révèle beaucoup trop à mon goût (même si elle est très très bien écrite et effectue une analyse fine et intelligente du recueil).

mardi 30 octobre 2012

[Ambre Dubois] Absinthes & démons

Titre : Absinthes & démons
Auteur : Ambre Dubois
Editeur : Editions du Riez
Nombre de pages : 184
 
« Qui est réellement Lord Nermeryl ? Le diable, comme le laisse sous-entendre la rumeur ? Ou un jeune dandy un peu trop excentrique dont le passe-temps morbide est d’enquêter sur des affaires surnaturelles ?
Au fil des énigmes, en compagnie de sa fidèle compagne, la Corneille, le jeune homme goûte la saveur des âmes des êtres humains, découvrant les travers de l’humanité et y apportant sa propre justice… d’une manière bien singulière… »


Vous aimerez :
- le côté roman feuilleton
- l'ambiance magique et désuète
- le personnage de la Corneille
- les enquêtes

Vous n'y trouverez pas :
- beaucoup d'émotion
- une forme romanesque véritable
- un fil rouge très clair
- un héros vampire

Mon avis ?
Je m'attendais à un roman, au final c'est davantage à un recueil de nouvelles feuilletonesque auquel j'ai eu affaire. C'est assez drôle de constater que, dans les remeciements, l'auteur qualifie son oeuvre de "roman" et non de recueil. Comme quoi les frontières entre les genres et les formats dépendent vraiment des perceptions personnelles. :)
Le recueil, donc, se compose de neuf nouvelles, neuf récits entrelacés tournant tous autour du même duo de personnages : Lord Nermeryl et sa Corneille, qui prend parfois l'apparence d'une belle jeune femme.

Je dois avouer ici que j'ai eu beaucoup de mal à m'attacher au héros, Lord Nermeryl, qui à force de mystère et de séduction restait hors de portée de ma compréhension : à la moitié du livre, je ne comprenais pas ses motivations, il avait l'air sans peur et tout puissant, ni bon ni mauvais... bref, un personnage dont il est difficile de se faire une idée tant il dévoile peu ses émotions, ses pensées, son passé, ses objectifs. C'est le gros reproche que j'aurais à faire à ce livre, et c'est bien le seul. C'est un peu dommage car c'est lui qui est le héros de chaque nouvelle, c'est lui le fil rouge, et l'ouvrage perd un peu en saveur du coup.

C'est aux deux dernières nouvelles qu'il se révèle enfin, qu'on entrouvre la porte sur ses sentiments et ses pensées, et... waouh ! Le lien avec la Corneille, entre amitié et amour, au départ un lien hiérarchique, prend de la consistance et éclaire sous un nouveau jour les précédents récits, nous donnant les clés de compréhension de certains éléments restés jusque là obscurs.

Il n'empêche que j'ai savouré cette lecture, pour le style généralement très soigné de l'auteur, ses ambiances désuètes, aux parfums délétères de rose fanée, avec ses tournures un peu vieillottes. Quelques répétitions voyantes, au détour de quelques pages, mais rien qui ne gâche la lecture. J'ai particulièrement apprécié l'ambiance glacée et glaçante des nouvelles, le choix des lieux, des expressions pour les décrire... le travail fait que les ambiances est comparable à celui d'un orfèvre, c'est ici encore une réussite !

Chaque nouvelle a sa propre ambiance, et sa propre enquête policière. Car notre Lord est en effet détective, littéralement "invoqué" par ses mandataires, du moins dans une certaine mesure. Il n'est pas humain, on le comprend à la première nouvelle, et les révélations sur sa nature sont progressives – peut-être un peu trop, comme je le signalais plus haut. Au départ, j'ai crû avoir affaire à un vampire, mais en fait, c'est bien plus compliqué que cela... ;-)

Comme nouvelle, je retiens en particulier L'orgue, qui m'a envoûtée et fait frissonner, et m'a surprise avec sa fin inattendue, ainsi que la nouvelle qui clôt le recueil, à savoir La solitude de Lucifer. A la fois poignante, effrayante et bien écrite, délicatement ambiancée, c'est ma préférée je crois.

En somme, un recueil de nouvelles, format romancé, qui ne m'a pas laissée indifférente malgré le trop plein de mystères autour du personnage principal. Une plongée dans l'obscur, le mystérieux, le surnaturel, via la plume toujours aussi maîtrisée d'Ambre Dubois, que je vais continuer de suivre... prochaine étape de lecture pour moi : le tome 2 de sa série Les soupirs de Londres, aux éditions du Petit Caveau !

3,5/5

dimanche 29 juillet 2012

[Anthony Boulanger] Ecosystématique de fin du monde

Titre :Ecosystématique de fin du monde
Auteurs : Anthony Boulanger
Nombre de pages : 218

Anthony Boulanger (prix Merlin 2010) nous offre un voyage entre science-fiction et fantasy, à travers une série de nouvelles où magie, golems et licornes côtoient vaisseaux spatiaux et planètes étranges. Ce recueil offre ainsi de merveilleux plaidoyers sur l'homme et son avenir, à cent mille lieux des visions pessimistes que l'on reproche souvent à la science-fiction.

Vous aimerez :
- l'aspect écologique des nouvelles
- le tryptique lovecraftien du milieu de recueil
- le post-apo version optimiste !
- le lyrisme

Vous n'y trouverez pas :
- de robots
- une SF pessimiste
- une leçon de morale

Mon avis ?
Il est rare qu'un auteur se risque, en un seul recueil, à explorer une multitude de registres et de genres à mille lieux les uns des autres. Souvent, il y a un risque de perte d'unité, et donc d'une impression de morcellement à la lecture. Ce n'est pas le cas ici. Ici, du début à la fin, on sent la construction d'un seul et même fil de pensée narrative qui unit des textes pourtant hyper différents.
J'ai particulièrement apprécié la petite série de nouvelles lovecraftiennes au milieu de textes plus personnels de l'auteur. Et un coup de cœur absolu pour la nouvelle qui clôt le recueil, intitulée Les Révolutions du Serpentaire : une nouvelle à fin multiples, qui mue telle un serpent de conclusion en conclusion, à chaque fois plus surprenante et plus intéressante. Il fallait y penser et, surtout, il fallait tout le talent d'Anthony Boulanger pour réussir cet exercice de style et le rendre intéressant.

Difficile d'en dire plus sur ce recueil au style protéiforme : vous ne vous ennuierez pas une seule seconde. Je l'ai lu il y a plus d'un an (déjà !) et le souvenir de cette lecture reste, impérissable, résistant au temps et aux lectures qui passent :)

5/5
En plus, le recueil est à petit prix : 12€ seulement ! Pas de quoi bouder son plaisir, même pour les petits porte-monnaies comme moi ^o^

samedi 14 juillet 2012

[Lydie Blaizot] Autour de Londres

Titre : Autour de Londres
Auteurs : Lydie Blaizot
Nombre de pages : 200


Londres. Sa Tamise, son célèbre pont, son brouillard, sa banlieue… et ses vampires. Chef charismatique, mousquetaire, danger public ou simple quidam, chacun laisse une empreinte différente dans la Maison qu’il sert. Cette non-vie, trop souvent imposée, plus ou moins bien acceptée, se heurte à la réalité des vivants qui viennent chambouler des existences dont ils ignorent tout. Face à cette problématique, les vampires improvisent, s’adaptent, luttent pour demeurer dans l’ombre ou, au contraire, satisfaire de nouveaux appétits.
Partez à la découverte de ces individus hors du commun au travers de huit nouvelles où les lecteurs de La Maison de Londres retrouveront des personnages familiers
Ce recueil contient dix illustrations internes dessinées par l’auteur.

Vous aimerez :
- l'agencement chronologique des nouvelles
- la vision normalisée du vampirisme
- retrouver les personnages du roman La maison de Londres

Vous n'y trouverez pas :
- des vampires monstrueux
- du gore
- d'atmosphères gothiques
- de nouvelles à chutes

Mon avis ?
Bien plus mitigé que pour La maison de Londres, qui avait été un de mes coups de coeur. J'ai retrouvé la plume de Lydie Blaizot, d'une qualité indéniable, mais les nouvelles manquent de surprise et, à vrai dire, de rythme. Pourtant, l'ensemble n'est pas mauvais. D'ailleurs, comme dit à droite dans la barre de navigation de ce blog, je ne chronique que ce que j'ai aimé. Et si je n'avais pas aimé ce recueil, je n'en parlerais pas.
En fait, les nouvelles ne sont pas mauvaises : elles ne sont juste pas à mon goût. Trop contemplatives, peut-être. Trop dans l'ambiance, alors que je suis une lectrice qui a besoin d'une alternance régulière entre moments d'ambiance, action, révélations...

Sur les huit nouvelles, il y en a deux auxquelles je n'ai pas du tout accroché (la première, trop lente à mon goût, et la dernière, trop prévisible). Les autres sont agréables à lire. Et parmi elles, il y en a deux qui m'ont vraiment beaucoup, beaucoup plu !
* Le clown, qui est en fait un vampire travaillant avec une compagnie de cirque à la fin du 19e siècle. Alors que lui et sa compagnie arrivent dans une ville, un vol est commis, et aussitôt les autorités se tournent vers eux, les "gitans". Le clown vampire va tout faire pour que la compagnie de cirque ne soit pas accusée injustement, et va mener l'enquête avec un inspecteur beaucoup plus compréhensif (et moins raciste) que son commissaire. L'enquête est passionnante de bout en bout, et j'ai retrouvé dans cette nouvelle le rythme et l'envol stylistique qui m'ont tant plus dans La maison de Londres ! Ce côté "mousquetaire", en fait, qui caractérise tant le roman en question. ^^
* Piccolo, qui est tout en émotion, en nuances, en beauté, en harmonie... avec une intrigue, et une fin émouvante, très belle. Je ne peux pas en dire davantage mais si je ne devais retenir qu'une seule nouvelle de ce recueil, ce serait celle-ci. A lire de toute urgence si vous aimez les vampires protecteurs, paternels et... au fond, très humains, plus que tous les autres vampires de ce recueil.

Voilà. Pas un mauvais recueil en soi, mais il ne m'a pas autant emballée que ce que j'avais espéré. Bien que mon avis soit mitigé, il y a de très bons moments de lecture dedans, et ce serait dommage de passer à côté si, en ce qui vous concerne, vous aimez les nouvelles qui sont comme autant de portraits successifs.
J'ai été particulièrement ravie, aussi, de retrouver les trois mousquetaires vampires de La maison de Londres.

En conclusion, un recueil à lire pour ceux qui ont lu et aimé La maison de Londres (même si vous pouvez tout à fait commencer par le recueil puis lire le roman, mais cela risquerait d'éventer quelques surprises à propos des personnages principaux ^^).
3,5/5
En plus, chaque nouvelle est accompagnée d'une à deux illustrations réalisées par l'auteur. C'est très intéressant de comparer la vision de l'auteur à la nôtre, et parfois très surprenant ! ;)

mercredi 13 juin 2012

[Jean Millemann] La voie des trois vérités

Titre : Sanshôdô - la voie des trois vérités
Auteur : Jean Millemann
Editeur : Ad Astra
Nombre de pages : 124


Un jour, toutes les radios et toutes les télés interrompent leurs programmes simultanément pour diffuser en boucle l’évidence qui est partout dans le ciel. Les extraterrestres sont là. Les Zitis, comme on dit, parce qu’il est plus facile de leur donner un nom générique plutôt que de retenir celui de chaque espèce qui constitue cette communauté interstellaire. Bien sûr, les gouvernements terriens font semblant que rien n’a changé alors que leur oligarchie prend l’eau de toute part. Bien sûr ils s’efforcent de voler ce qu’on est prêt à leur offrir. Mais c’est la galaxie toute entière qui s’ouvre à l’humanité et c’est une opportunité que seuls les opportunistes sont incapables de saisir.
En trois textes qui évoquent les plumes et les thématiques de Philip Jose Farmer, Robert Heinlein et Isaac Asimov, Jean Millemann, philanthrope et xénophile, nous dit en substance que, un jour, toutes les radios et toutes les télés interrompront leurs programmes simultanément, ce sera le début du monde.

Vous aimerez :
- la réflexion philosophique
- une SF à taille humaine (mais pas que...)
- partir à la découverte des civilisations zitis
- l'ouverture d'esprit
- l'optimisme

Vous n'y trouverez pas :
- un style facile à suivre
- des intrigues politiques à échelle galactique et plus
- de l'action

Mon avis ?
Difficile de parler de ce recueil de nouvelles.
D'une part, il est très court : 124 pages, trois récits - dont un que j'avais déjà lu et très apprécié dans l'anthologie Arcanes chez Voy'el. D'autre part, on ressort profondément chamboulé de notre lecture. En paix avec soi-même, ravi d'avoir découvert et compris les vérités, d'avoir été au bout de ce chemin de sagesse. Mais quelles sont-elles, ces vérités ? Je crois que je ne vais pas les révéler, sous peine de vous gâcher la lecture, mais aussi parce qu'elles ne veulent rien dire si elles sont assenées sans l'histoire qui va avec. Lisez, vous comprendrez, et vous aussi vous serez charmé, envoûté... et vous ressortirez de votre lecture un peu amer, un peu désespéré que l'humanité soit pour l'instant incapable d'appliquer les trois vérités.

Vivement le début du monde.
Une lecture de SF positive, qui ouvre l'esprit, le cœur, et amène à réfléchir sur la notion de xénophobie/xénophilie, sans pour autant donner de leçon. Par contre, cela donne de l'espoir.

A lire sans modération !

4/5

mercredi 11 avril 2012

[Wayne Barrow] Bloodsilver

Titre : Bloodsilver
Auteur : Wayne Barrow (Johan Heliot + Xavier Mauméjean)
Éditeur : Folio SF
Nombre de pages : 483

1691 : un bateau transportant de mystérieux passagers aborde la côte est du continent nord-américain. Les vampires viennent de débarquer de la vieille Europe. Ils forment bientôt le Convoi, longue colonne de chariots recouverts de plaques de plomb, et se lancent à la conquête de l'Ouest, anticipant le trajet du chemin de fer dans une lente et implacable progression... 1692 : à Salem, une poignée d'hommes impitoyables fonde la confrérie des Chasseurs, bien décidés à stopper l'avancée du Convoi et à en découdre avec les créatures des ténèbres. De Fort Alamo aux territoires sioux, de Wounded Knee à Silver City, les hommes du Nouveau Monde, Billy the Kid ; les frères Dalton ou encore Doc Holliday mêlent le sang à l'argent, luttant sans merci contre les vampires, ou formant avec eux d'improbables alliances...

Vous aimerez :
- l'uchronie
- le western
- la fresque historique
- la couverture <3

Vous n'y trouverez pas :
- de proximité avec les personnages
- d'histoire vraiment suivie
- de récit sans violence

Mon avis ?
Quand il y a du western, je réponds présente. Quand il y a des vampires, aussi. Alors, vous imaginez bien que je ne pouvais pas passer à côté de ce recueil ! Enfin, est-ce vraiment un recueil de nouvelles ? Les récits tournent tous autour de ce fameux convoi de vampires qui traverse les États-Unis d'Est en Ouest, deux siècles d'errance jusqu'à la création d'un état vampire : Bloodsilver. Lesdits récits s'emboîtent certes les uns dans les autres, à la manière de chapitres, mais ils sont tous indépendants. Certains personnages sont récurrents, ou leurs exploits sont cités d'une nouvelle à l'autre par le biais d'un média ou d'un autre... les entrelacements sont nombreux, peut-être un peu trop car je me suis sentie une ou deux fois perdue dans cette avalanche de détails, de liens, de noms. Si vous n'êtes pas très familiers avec les figures historiques du western, les légendes à leur sujet, les grands noms de l'époque de la conquête de l'Ouest, alors vous risquez d'être parfois perdu. Sinon, cela devrait à peu près aller !
J'ai beaucoup aimé : le sens du détail dans les descriptions, le style maîtrisé, l’emboîtement des nouvelles, leurs différentes formes (parfois, ce sont des articles de journaux), les différents thèmes (la naissance d'une légende, l'histoire d'un écrivain qui écrit à propos de pistolleros, etc.) La multitude de détails rend le cadre très vivant d'une nouvelle à l'autre, on a bien l'impression de voyager, nous aussi, dans cet univers !
Là où j'ai une réserve à émettre, c'est au sujet du Convoi : on ne les voit que très peu, au final. Les personnages en parlent beaucoup, l'histoire se déroule autour de ces fameux vampires, mais après... on reste du point de vue des humains les 3/4 du temps. J'aurais aimé vivre le quotidien de ces vampires errants. J'aurais aimé une nouvelle qui se déroule de bout en bout dans le Convoi !

Si ce n'est ce regret, j'ai passé un bon moment de lecture, savouré au fil des mois : une nouvelle par-ci, par-là, entre deux autres livres. Un bon cru qui se savoure sur le long terme, ou peut se dévorer en une nuit blanche de lecture !
Sinon, ne vous fiez pas au nom "américain" de l'auteur. Il s'agit en fait de deux auteurs français cachés sous le même nom de plume. ;)
3,5/5

vendredi 9 mars 2012

[Jacques Fuentealba] Tout feu tout flamme

Titre : Tout feu tout flamme
Auteur : Jacques Fuentealba
Éditeur : Editions Outworld
Nombre de pages : 64

"Le pyromane regarda cette nouvelle église partir en fumée. Il ne savait pas s'il avait le feu sacré, mais en tout cas, il y avait là un sacré feu."






Vous aimerez :
- l'humour
- les jeux de mots
- les multiples variations autour du thème
- la multiplicité des styles
- l'inventivité de l'auteur
- le micro format : le livre tient dans le creux de la main

Vous n'y trouverez pas :
- d'histoire suivie
- de SFFF pure et dure (il s'agit plus d'une ambiance un peu fantaisiste qu'autre chose)

Mon avis ?
Il s'agit là d'un OVNI littéraire : un recueil de micro-nouvelles, qui font trois, quatre phrases, rarement plus. Lu en une petite demi-heure, il m'a offert un très agréable moment de lecture. Sourire au détour d'un bon mot, voir un monde naître et mourir en trois phrases, se figurer un personnage flamboyant en quelques mots, être surpris par la chute d'une nouvelle qui pourtant ne contient que quelques phrases... la variété des styles et des sujets empêche de s'ennuyer, et chaque micro-nouvelle lue ressemble à une pépite. C'est addictif, on lit le recueil en une seule fois.
On le relit avec plaisir et, même, plus tard, on s'amuse à ressortir certaines phrases auprès de ses amis... testé et approuvé. ;)

A savoir, à moins de croiser Jacques Fuentealba en salon, vous ne pouvez vous procurer le livre que sur http://www.unebd.com/ 

4,5/5

samedi 3 mars 2012

[Malaïka Macumi] Les anges de l'ombre

Titre : Les anges de l'ombre
Auteur :  Malaïka Macumi
Editeur :  Éditions du Petit Caveau
Nombre de pages : 290

Seriez-vous prêts à chatter sur le Net avec un …vampire ? À acheter un cercueil sur un site d’occasions ? Ou bien à goûter une délicieuse soupe préparée par un mort-vivant aux talents culinaires quelque peu inquiétants ?
Succombez à la mystérieuse musique d’un vampire mélomane, le long des falaises battues par les vents et les ténèbres, ou entrez dans les noires pensées d’une goule épuisée par sa propre résurrection… Mais surtout, méfiez-vous des corbeaux aux yeux luisants et des charrettes aux roues geignantes !
Ce sont là quelques-uns des terribles voyages que vous propose ce recueil : treize histoires de vampires mariant effrontément l’horreur absolue à la poésie la plus décadente. Treize nouvelles gothiques au style puissant et macabre, dont les images fortes ne vous laisseront pas indemnes…
Malaïka Macumi nous offre son premier recueil de nouvelles, réunissant des oeuvres inédites ainsi que quelques récits déjà publiés. Découvrez cette plume sombre, teintée de sang et d'horreur, satinée de poésie et de mélancolie. Quand le macabre devient exquis...

Vous aimerez :
- les vampires
- le romantisme
- les mythes revisités
- les récits d'ambiance

Vous n'y trouverez pas :
- des vampires absolument originaux
- du gothique pur et dur

Mon avis ?
J'ai vraiment beaucoup aimé ce recueil ! Il commence avec une nouvelle très classique à la chute néanmoins surprenante. Puis, de récit en récit, l'auteur "détisse" le mythe vampirique, comme si elle enlevait un par un les lambeaux de l'ombre qui les entoure, pour les représenter sous des jours à chaque fois différents. Pas de place pour la répétition dans ce recueil aux textes vraiment bien choisis, agencés avec intelligence !
Des nouvelles surprenantes, d'autres moins... des récits toujours prenants. Une plume avec laquelle j'ai eu du mal au début : l'auteur utilise beaucoup d'adjectifs, mais on s'y fait même si parfois cela gêne. C'est pour cela que je ne fais pas de ce recueil un "coup de cœur"... mais c'est pas passé loin ! ;)

A lire d'urgence si vous êtes fans de nos amis aux dents longues... je garde un souvenir frissonnant de cette lecture qui joue aussi avec les registres (gore, humoristique, romantique, etc.), les époques (de Vlad à nos jours), ainsi que les lieux (enfin des récits ancrés partout dans le monde !).

En plus, la couverture, absolument magnifique. L'objet est en lui-même une merveille !

4/5