dimanche 30 septembre 2012

[Lia Vilorë] Vampires d'une nuit de printemps

Titre : Vampires d'une nuit de printemps
Auteur : Lia Vilorë
Editeur : Petit Caveau
Nombre de pages : 248

Cher journal,
Désormais, mon nom est Fáil, Lía Fáil, et je suis un vampire.
Sans déconner ?
Punaise de pouvoir idiot, et tu réponds à l’écrit en prime !
Ben, depuis le temps, je sais que tu ne sais pas t’empêcher d’écrire tes tracas alors…
Ouais… pas faux…
Alors, vas-y, raconte…
En décembre dernier, je suis devenue un vrai vampire du genre « Kit complet sans les petits inconvénients ». Avec le sexy garde-du-corps écossais en prime.
Tu vas en faire des envieuses ! 
Ouais… surtout qu’à l’heure qu’il est, c’est le seul à ne pas vouloir ma tête pour un crime que je n’ai pas commis !
Qui est ? 
Toute ma nouvelle famille m’accuse d’avoir assassiné notre Maître, celui qui m’a créée. Mais je te jure : j’ai rien fait !
Ça me rappelle quelque chose…
M’en parle pas !

Vous aimerez :
- la système des Convents vampiriques
- l'humour
- le pouvoir de Lia
- le côté Cluedo de l'enquête

Vous n'y trouverez pas :
- un style très soigné
- un cadre approfondi
- des personnages développés

Mon avis ?

A vrai dire, mon avis est mitigé... en lisant, j'étais incapable de me dire si j'aimais ou non ce roman. Il est bourré de qualités indéniables, mais la sauce ne prenait pas avec moi. Elle a fini par prendre sur les dernières pages (ce qui est un peu dommage, il faut l'avouer), et je vais vous expliquer pourquoi.

En fait, c'est à cause de l'humour. Il est très présent, surtout au début. Si il fait souvent mouche, qu'on rigole et qu'on s'étonne, il a aussi ce gros défaut de désamorcer toute tension, tout effet de suspens, et surtout de tenir l'émotion à distance. Or, l'émotion, pour moi, c'est ce qui m'aide à m'identifier aux personnages et à m'intéresser à eux. Du coup, ici, pendant les trois premiers quarts du roman où l'humour est omniprésent, je n'ai pas su m'attacher aux personnages, encore moins à Lia pour laquelle l'autodérision est un mode de vie. Ça aurait pu marcher si celle-ci avait eu une tendance plus approfondie à l'introspection, mais là, on reste clairement en surface. On sait juste qu'elle a été déçue côté sentiments par le passé, profondément trahie, mais ce sont des faits. L'auteur nous le dit, elle ne le raconte pas, et du coup je suis passée totalement à côté du personnage... Pourtant, c'est la principale, et j'avais tout pour m'y identifier objectivement : étudiante, qui fait des références cinématographiques et littéraires tout le temps, fan de plein d'expressions que j'utilise aussi... bref, ça aurait pu, mais non ! Vraiment dommage...

Les personnages secondes ne sont pas du tout développés non plus, mis à part le "sexy garde du corps écossais" qui, s'il fait un peu plat au début, se révèle tout à fait intéressant sur la fin quand on découvre son secret. Ah, ce chapitre, il a sauvé le roman tout entier et m'a donné envie de continuer à suivre les personnages ! Parce que dans ce chapitre, l'auteur révèle et raconte. L'humour est très léger, il intervient de manière pertinente, et l'émotion est tellement palpable qu'on a juste envie de serrer Amael entre nos bras de lectrices en lui disant que tout ira bien.

Sinon, mis à part l'humour qui empêche l'émotion, il y a aussi le décor, la ville, bref, l'ambiance des lieux. Tout est censé se passer à L. A., mais l'histoire pourrait se dérouler dans mon village de Provence qu'elle n'en serait pas différente... la ville des anges fait très carton-pâte. Et pour des personnages censés se parler en anglais, ils font mention du vouvoiement et du tutoiement, j'ai trouvé ça maladroit quand lesdits personnages sont censés parlés dans une langue pour qui le "vous" et le "tu" se réunissent sous un seul "you"...

Mais il y a des côtés positifs, quand même ! Déjà, les pouvoirs vampiriques liés à la personnalité de leur hôte. Lia, qui est une solitaire qui crève d'envie d'être bien entourée, par exemple, fait parler les objets ! Mention spéciales aux champignons d'humidité de la vieille salle de bain du motel qui chantent le générique de Mario Bross x) Oh, et assister à l'interrogatoire d'un porte-monnaie made in France par une pipe en bois écossaise, c'est juste tip top ! Le côté Cluedo est parfaitement assumé, et ça, ça marche du tonnerre.

Parlons-en, de l'enquête : simple mais efficace, elle sème le doute dans l'esprit du lecteur. Mon instinct m'avait soufflé la bonne identité d'un des coupables directement, mais l'auteur a su me perdre dans des fausses pistes par la suite... je me suis faite mener par le bout du nez du début à la fin. ^^

Ensuite, autre super bonne idée : l'organisation des vampires en différents Convents. Chaque Convent accueille un nombre précis de vampires : 13, ni plus ni moins, chacun avec un rôle et une attribution différente. Et un nom fixe. Qui que vous fussiez par votre passé humain, une fois vampire, vous prenez le nom du rôle qui vous est attribué. Lia Fail est donc à la fois le nom de la vampire et de son rôle. Ici, son nom est irlandais et a une signification particulière, liée à son rôle... j'en dis pas plus, mais si vous lisez ce roman, vous verrez, c'est un des aspects les plus réussis et les mieux gérés !

En gros, ce roman est bourré de bonnes idées : les Convents, la mythologie, le côté Cluedo. Mais il souffre d'un gros défaut de forme, notamment à cause de l'humour et du paratexte explicatif trop présent, qui empêche la plongée du lecteur dans l'histoire et le tient toujours à distance. Outre cela, côté forme, le style est parfois maladroit. Le récit souffre également d'un manque de profondeur, tant au niveau des personnages que des décors qui font assez plats.

Mais je ne regrette pas mon achat, et la fin plutôt prometteuse m'a donné envie de suivre les aventures du Convent  Orfhlaith...

2,5/5

vendredi 28 septembre 2012

[Céline Landressie] Rose morte 1

Titre : Rose morte, tome 1 – La floraison
Auteur : Céline Landressie
Editeur : L'homme sans nom
Nombre de pages : 488

France, fin du XVIe siècle. C’est dans ce pays en proie à de terribles dissensions religieuses que se réfugient les Greer, fuyant l’Angleterre élisabéthaine.
Eileen, seule enfant du comte, est une jeune femme vive et de caractère. Mais son âge avance, et son père la met au pied du mur : elle doit se marier.
Et c’est en faisant tout pour éviter cette terrible obligation à l’aide de sa fidèle amie Charlotte que Rose fera connaissance d'Artus de Janlys.
Le séduisant et mystérieux comte l’entraînera dans un univers dont elle ne soupçonnait pas l’existence, où les crimes terribles qui secouent Paris trouveront une explication apparemment inconcevable, mais bel et bien réelle...


Vous aimerez :
- Lady Rose, l'héroïne
- le côté roman historique
- la période historique choisie
- les costumes <3
- la plongée très progressive dans le fantastique

Vous n'y trouverez pas :
- beaucoup de combats
- de gros monstres poilus
- un fantastique très appuyé

Mon avis ?

L'histoire se déroule entre Rouen, où habite Lady Rose et sa famille, Paris, où les bals ont lieu, et la propriété d'Artus de Janlys, le mystérieux comte... le prologue seul fait exception : nous assistons à la fuite de Lord et Lady Greer, fervents catholiques qui fuient l'Angleterre devenue protestante. Le propre frère de Lord Greer manque faire arrêter celui-ci, mais le couple Greer et leur héritière encore au berceau échappent in extremis à la capture. Le premier chapitre a lieu des années plus tard, à Rouen, où leur fille Eileen, dite Lady Rose, refuse de se marier. 28 ans, presque vieille fille, elle a dit non à tous ses prétendants au grand damn de son père qui voit, par le mariage, un moyen de récupérer le domaine des Greer en Angleterre, alors aux mains de son félon de frère cadet  (qui est donc l'oncle de Lady Rose, vous suivez ? ^^)
Bref, dès les premières pages, l'auteur nous expose avec délicatesse, précision et subtilité tout le contexte historique de son récit, ainsi que le passif des personnages, qui sont de vrais acteurs de cette Histoire réelle en marche. L'imbrication histoire fictive/Histoire réelle est hyper bien dosée, c'est un régal !

L'auteur s'est énormément documentée, et cela se sent : détails des habits, rôles de certains objets dans les maisons, descriptions poussées... mais rien de lourd ou de maladroit, elle distille ces informations dans un texte riche, de par son style très maîtrisé, et par ses situations, très variées.

Le style, parlons-en ! WAOUH ! On sent que l'auteur est familière des romans historiques (de qualité, cela va de soi ^^), elle maîtrise parfaitement la syntaxe et le vocabulaire adéquat, sans pour autant exclure son lecteur de ces tournures anciennes. Résultat : une plongée en douceur dans un style ancien, volontiers désuet, mais jamais vieillot ou incompréhensible. Chapeau bas, l'artiste !

Quant à la variété des situations, même si l'on a trèèèès peu de scènes d'action à proprement parler, on ne peut pas dire qu'on s'ennuie : Lady Rose qui espionne les secrets de son Lord de père, des scènes de vie nous montrant à quel point la France est en ébullition entre Huguenots et autres factions (religieuses comme politiques), bals mondains, agressions discrètes, menaces... un vrai jeu de pistes qui nous amène directement à mon point suivant : le soin et le talent déployés pour dissimuler la vérité au sujet d'un certain personnage (et je ne parle pas ici d'Artus, sur lequel je vais revenir juste après). Alors là, je ne l'avais pas du tout vu venir, chapeau bas, l'artiste ! Bis !

Artus, donc, le mystérieux comte qui débarque dans la vie des Greer du jour au lendemain au détour d'un bal mondain, le love interest de notre Lady Rose qui, jusque là, était très réticente au mariage... une heureuse rencontre ? Pas nécessairement. Comme on dit, l'amour construit autant qu'il détruit, et ici les deux points sont prouvés à plusieurs reprises. Surtout la destruction, vous l'aurez compris. Pas mentalement, car Rose ne se consume pas littéralement de passion, mais disons que cet amour va provoquer, dans sa vie, quelques changements et déconvenues plutôt... inattendus ! Car Artus n'est pas tout à fait humain. A ce sujet, je n'en dirai pas davantage. ^^

Sauf que... justement, disons-en un poil plus sur cette découverte de la nature secrète d'Artus : au moment où elle a lieu, le souffle s'épuise un peu, et il y a une petite centaine de pages, aux 2/3 du roman, qui sont un cran inférieures en qualité au reste. En fait, c'est parce que, à ce moment, Rose est peu à peu dénuée de sa combativité originelle, je trouve qu'elle perd en saveur du même coup, et... c'est dommage. Ce changement de personnalité est principalement du à Artus et son comportement, que je trouve trop dominateur. S'il n'avait pas fait ce qu'il a fait à Rose (vous comprendrez en lisant ;-)), j'aurais continué de l'adorer, mais là, il m'a surtout énervé à vouloir imposer sa destinée à Lady Rose !!!

C'est mon seul petit regret, cet instant de flottement ; la seule chose qui ne fait pas de ce superbe récit un coup de cœur absolu. Mais bon, je crois que vous l'aurez compris : c'est un roman à ne pas manquer pour les fans d'histoire et de fantastique. Surtout que la période choisie est tellement peu exploré en SFFF, rien que pour ça, ça vaut le coup de s'y plonger.

Vivement le tome 2 ! Céline Landressie, dont c'est le premier roman, est une auteur à découvrir ; je peux d'ores et déjà vous dire qu'elle a de l'avenir dans l'écriture...

4,5/5


En plus, la couverture est super belle. Normal, c'est Magali Villeneuve aux pinceaux ! *_*

lundi 24 septembre 2012

C'est lundi, que lisez-vous ? #7

Ce que j'ai lu la semaine passée :

Ce que je suis en train de lire :


Ce que je compte lire cette semaine :
On peut dire qu'en ce moment, j'ai le nez dans les bouquins ! A cette liste, pour chaque catégorie, ajoutez un livre de traductologie et vous avez ma semaine complète XD Néanmoins, je ne vais pas vous faire l'outrage de les citer. Il faut que ce blog garde son côté "lecture loisir", n'est-ce pas ? Bon, ok, le Kafka est pour la fac mais je le catalogue personnellement dans "lecture loisir" vu que c'est un roman que j'aurai lu d'une manière ou d'une autre.
J'ai fini de lire le tome 1 de Rose morte : une très très belle découverte, d'une nouvelle plume à suivre assurément.
J'avais hâte de commencer Vampires d'une nuit de printemps, non seulement car j'adhère la plupart du temps aux choix d'édition du Petit Caveau, mais aussi parce que je viens de me rappeler que je n'avais pas accroché à la nouvelle de cette auteur dans l'anthologie Or et sang chez le même éditeur... pourtant, j'ai été attirée par le résumé et la couv de ce roman, et j'ai hâte de savoir si cette bonne impression générale, totalement opposée à ma précédente expérience de lecture de cet auteur, se confirmera ou non. Comme vous le savez, je raffole des bonnes surprises !

Et vous, que lisez-vous ce lundi ?

samedi 22 septembre 2012

[Ambre Dubois] Les soupirs de Londres 1

Titre : Les soupirs de Londres, tome 1 - Le manoir des immortels
Auteur : Ambre Dubois
Editeur : Le Petit Caveau
Nombre de pages : 271
 
Londres, 1888. La ville est secouée par les épouvantables crimes de Jack l'Éventreur. Dans la petite communauté vampirique locale, dirigée par le ténébreux Rodrigue, l'on se pose des questions. Le tueur serait-il l'un d'eux ? La belle Stella, reconnue pour ses étonnants pouvoirs occultes, va être chargée de mener l'enquête auprès d'une curieuse famille bourgeoise, les Heartavy. Finira-t-elle enfin par découvrir la terrible vérité ? Avec ce premier roman prometteur, Ambre Dubois revisite une légende historique au sein d'un récit vampirique réussi, qui foisonne de rebondissements et de personnages surprenants. À découvrir...

Vous aimerez :
- la finesse du style
- le côté "polar victorien"
- le Londres d'époque et son ambiance
- la narratrice, Stella, héroïque et attachante !
- son acolyte, Corwin <3
 
 Vous n'y trouverez pas :
- des personnages secondaires très développés
- une mythologie vampirique explorée
- une vision originale du vampirisme

Mon avis ?
Quand j'ouvre un roman où il est question de vampires, de Londres et d'époque victorienne, j'ai toujours cette peur de tomber sur un énième ratage où l'auteur a mélangé tout ce qu'il aimait des romans de vampires et du 19e siècle, mais sans dosage ni recherches. Autant le dire tout de suite : ce n'est pas le cas ici. Au contraire, c'est une réussite totale.

Le prologue nous plonge au cœur de Londres, à Whitechappel, et nous observons un agresseur, identifié comme Jack L'éventreur, tombant sur sa prochaine victime. On visualise tout de suite le brouillard londonnien, les rues étroites, la nuit qui étire ses ombres, le tueur qui tend ses couteaux... Après lecture du roman, je suis revenue sur le prologue et je me suis rendu compte que toutes les clés, pour deviner l'identité de Jack L'éventreur, étaient là dès le début. Un joli fusil de Tchékov version Ambre Dubois, que je n'avais pas du tout vu venir, mais qui, dès le livre refermé et la révélation faite, m'a fait "tilt" - ou plutôt "pan !" ici ;-)
 
Lire ce prologue et plonger dans ce Londres mystérieux, c'est également partir à la rencontre du style d'Ambre Dubois, très moderne dans sa syntaxe afin d'aider le lecteur contemporain, mais au vocabulaire dix-neuviémiste maîtrisé de bout en bout. Les termes sont choisis à bon escient, les expressions anciennes sont placées au bon endroit. Il n'y en a assez pour plonger le lecteur dans l'ambiance, mais pas assez pour nous sauter aux yeux et nous alourdir la lecture. Un dosage parfaitement réussi aux yeux de la lectrice que je suis !

Autre point fort du roman : sa narratrice et héroïne, Stella. Une véritable femme du 19e siècle, avec sa retenue caractéristique et ses manières, mais également moderne dans sa tête, du moins pour l'époque à laquelle elle vit. Au final, on en sait peu sur son passé, mais son caractère est tellement entier et attachant qu'on remise cela à plus tard. Son attachement à l'humain et aux représentants de cette espèce est également un très gros point fort, qui revient souvent dans le roman car, là où d'autres personnages auraient réagi en vampires sanguinaires (hein, Drake ?!), Stella trouve le juste milieu pour ne pas détruire une vie, un homme, une existence...

Petit bémol sur les personnages secondaires peu développés : cela ne manque aucunement au roman, qui est complet tel quel, mais je suis curieuse et j'aurais aimé en apprendre un peu plus. Nul doute que cela viendra aux tomes suivants - que je compte acheter et dévorer, vous l'aurez deviné. ^^

Bémol un peu plus marqué, qui empêche ce roman d'être à "sang pour sang" un coup de cœur : le méchant qui explique de A à Z où, pourquoi et comment il a fait ceci, cela, quel était son projet etc. Je ne suis pas fan du procédé, et ça m'a un peu chagrinée. Mais qu'est-ce que cinq pages dans un roman qui en compte 271 ? Une goutte de sang dans l'océan ^^

Bref, une excellente lecture vampirique, à mon sens une des meilleures publications du Petit Caveau en romans. J'hésite entre acheter tout de suite les volumes suivants en papier, ou attendre Noël que j'aie ma liseuse pour me les procurer... dilemme XD

4,5/5

lundi 17 septembre 2012

C'est lundi, que lisez-vous ? #6

Ce que j'ai lu la semaine passée :

Ce que je lis en ce moment :

Et je ne sais pas ce que je compte lire d'autre cette semaine, donc je préfère ne pas faire de pronostic qui changera au dernier moment. ^^
Je sais que les Dossiers Dresden seront vite pliés, de même que le livre d'Ambre Dubois qui est assez court. Mais j'ai repris la fac et un prof nous a donné deux livres à lire : Le procès de Kafka, et Modernité et Holocauste d'un sociologue polonais. Et ce sont des lectures que j'aimerais effectuer au plus tôt, donc... au boulot ^^

samedi 15 septembre 2012

[Olivier Péru] Druide

Titre : Druide
Auteur : Olivier Péru
Editeur : J'ai Lu
Nombre de pages : 603
1123 après le Pacte.
Au nord vivent les hommes du froid et de l'acier, au sud errent les tribus nomades et au centre du monde règnent les druides. Leur immense forêt millénaire est un royaume d'ombres, d'arbres et de mystères. Nul ne le pénètre et tous le respectent au nom du Pacte Ancien. Les druides, seigneurs de la forêt, aident et conseillent les hommes avec sagesse mais un crime impensable bouleverse la loi de toutes les couronnes : dans la plus imprenable citadelle du Nord, quarante-neuf soldats ont été sauvagement assassinés sans que personne ne les entende seulement crier.
Certains voient là l'oeuvre monstrueuse d'un mal ancien, d'autres usent du drame comme d'un prétexte pour relancer le conflit qui oppose les deux principales familles régnantes. Un druide, Obrigan, et ses deux apprentis ont pour mission de retrouver les assassins avant qu'une nouvelle guerre n'éclate. Mais pour la première fois, Obrigan, l'un des plus réputés maître loup de la forêt, se sent impuissant face à l'énigme sanglante qu'il doit élucider… Chaque nouvel indice soulève des questions auxquelles même les druides n'ont pas de réponses.
Une seule chose lui apparaît certaine : la mort de ces quarante-neuf innocents est liée aux secrets les plus noirs de la forêt
.

Vous aimerez :
- le style, aussi dense que la forêt décrite
- l'ambiance
- l'aspect terrifiant de l'ennemi
- le mélange polar et fantasy

Vous n'y trouverez pas :
- une intrigue surprenante
- un rythme haletant

Mon avis ?
J'attendais beaucoup de ce livre, et ses premières pages m'ont tout de suite conquise. Le style est foisonnant, juste sublime. La relation entre le druide Obrigan et ses apprentis est superbement décrite, et prend une ampleur incroyable à partir du moment où ils se séparent pour enquêter chacun de leur côté. De même, la scène à la Tour des Témoins restera pour moi un grand moment de lecture, tout comme la "transformation" du prince du Rahimir : d'abord perçu comme un régicide aux méthodes peu chevaleresques, Jarekson s'avère en fait un vrai défenseur de son royaume et d'une cause juste. On découvre l'homme sous le masque politique et c'est un des personnages les mieux réussis du roman. Les autres, à mes yeux, sont assez "plats", dans le sens où ils n'ont qu'une facette. Ils évoluent au fil du roman, mais aucun n'opère une transformation qui le rende aussi attachant que Jarekson.

La première moitié du roman est une réussite : suspens, découvertes sanglantes, enquête et fantasy... tout s'entremêle à la perfection ! Outre la métamorphose de Jarekson, j'ai adoré suivre les deux apprentis, leur découverte, les premiers affrontements avec les monstres, la découverte progressive de leur nature... un régal !!!

Toutefois, arrivée à la moitié du roman, j'ai perdu tout intérêt : si au début on suivait parfois l'un ou l'autre des apprentis d'Obrigan, ou les personnages secondaires comme le prince du Rahimir, ce n'est plus du tout le cas. On colle aux pas d'Obrigan le druide, enfermé dans une cité assiegée par l'ennemi. 250 pages de siège, et un shéma très répétitif : la nuit tombe, l'ennemi attaque, plein de morts, Obrigan découvre un indice que le lecteur avait déjà deviné seul. Le jour revient et les druides révisent leur défense. La nuit revient, l'ennemi revient aussi, plein de morts encore, Obrigan découvre autre chose... et cela quatre ou cinq fois d'affilée, avec des longueurs à mon avis inutiles sur les horreurs perpétrées pendant les combats. J'avoue que je me suis ennuyée d'un bout à l'autre du siège, c'est-à-dire de la page 300 à la page 550, ce qui est assez embêtant quand même.

L'intrigue est devenue prévisible à ce moment-là. Hormis les révélations sur le passé de l'univers fantasy, le schéma était répétitif, ce qui a tué à mes yeux toute notion de suspens, d'autant plus que les découvertes du druide venaient avec un temps de retard à chaque fois sur celles du lecteur.

La fin, heureusement, est à la hauteur du début, et la magie revient en même temps que l'intrigue se dénoue. Roh puis, n'ayons pas peur d'être une fangirl... <3 JAREKSOOOOOON <3

Du coup, au final, tout ce que je peux dire c'est que ce fut une lecture qui a très bien commencée et qui, sur la seconde moitié, s'est avérée décevante. Le souffle épique du début retombe comme un soufflé raté, et c'est bien dommage. Toutefois, les qualités du roman (style ciselé, monde riche et vivant, densité de la lecture) font que c'est une lecture que je ne regrette pas une seule seconde. Je lirai volontiers d'autres ouvrages de la plume d'Olivier Péru !

3/5


En plus, l'auteur du roman est aussi l'illustrateur de la couverture. Un mot : waouh !

[challenge] Les critiques 2/6

Mi-Septembre est déjà là... il est donc temps de faire un petit bilan des critiques. Il y a deux mois, nous comptabilisions 17 chroniques pour 12 ouvrages. Aujourd'hui, nous en sommes à 25 chroniques pour 13 ouvrages. Lentement mais sûrement, le nombre augmente. Nous progressons chacun à notre rythme et c'est l'essentiel. ^^

Pour ma part, je n'ai lu et chroniqué que 4 ouvrages de la liste. Ce qui, à un peu moins du tiers du temps imparti, reste honnête. Mes finances sont un peu à sec en fait... j'attends Noël avec une vive impatience, croyez-moi. ^^

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* [Nathalie Dau] Les débris du chaudron (13€50 Argemmios)
http://lapilealire.blogspot.fr/2012/06/les-debris-du-chaudron-nathalie-dau.html
http://castelplatypus.blogspot.fr/2012/06/les-debris-du-chaudron.html
* [Laurent Whale] Les pilleurs d'âmes (18€, Ad Astra)
http://castelplatypus.blogspot.fr/2012/05/les-pilleurs-dame.html
http://fraizochocolat.wordpress.com/2012/08/08/les-pilleurs-dames-laurent-whale/
* [Ophélie Bruneau] Et pour quelques gigahertz de plus (20€, Ad Astra)
http://ledevoreurdelivres.blogspot.fr/2012/06/et-pour-quelques-gigahertz-de-pls-de.html
http://castelplatypus.blogspot.fr/2012/02/et-pour-quelques-gigahertz-de-plus.html 
http://lapilealire.blogspot.fr/2012/08/et-pour-quelques-gigahertz-de-plus.html
* [Jeanne A. Debats] Métaphysique du vampire (13€, Ad Astra)
http://lapilealire.blogspot.fr/2012/06/metaphysique-du-vampire-jeanne-debats.html
http://ledevoreurdelivres.blogspot.fr/2012/06/metaphysique-du-vampire-de-jeanne.html 
http://macalys.wordpress.com/2012/07/28/1239/
* [Christophe Nicolas] Projet Harmonie (19€90, Riez)
* [Franc Ferric] La loi du désert (19€90, Riez)
http://castelplatypus.blogspot.fr/2012/06/la-loi-du-desert.html 
http://lapilealire.blogspot.fr/2012/08/la-loi-du-desert-franck-ferric.html
* [Céline Guillaume] Le ballet des âmes (18€90, Riez)
http://malka-re-v-alite.blogspot.fr/2012/06/le-ballet-des-ames-celine-guillaume.html
* [Cécile Duquenne] Quadruple assassinat dans la rue de la Morgue (10€, Voy'el)
http://lapilealire.blogspot.fr/2012/04/quadruple-assassinat-dans-la-rue-de-la.html
http://castelplatypus.blogspot.fr/2012/05/quadruple-assassinat-dans-la-rue-de-la.html
http://fraizochocolat.wordpress.com/2012/08/09/quadruple-assassinat-dans-la-rue-de-la-morgue-cecile-duquenne/
http://teosilis.blogspot.fr/2012/08/quadruple-assassinat-dans-la-rue-de-la.html
* [Christian Léourier] L'arbre-miroir (13€, Voy'el)
http://macalys.wordpress.com/2012/06/28/challenge-de-lecture-sfff-larbre-miroir/
* [Lia Vilore] Vampires d'une nuit de printemps (17€90, Petit Caveau)
http://lapilealire.blogspot.fr/2012/08/vampires-dune-nuit-de-printemps-lia.html
* [Lydie Blaizot] La maison de Londres (18€90, Petit Caveau)
http://teosilis.blogspot.fr/2012/06/la-maison-de-londres.html
* [Jacques Fuentealba] Retour à Salem (14€, Midgard)
* [Anthony Brocard] Erèbe (19€, Midgard)
* [Christian Perrot] Les naufrageurs (15€50, Midgard)
* [Estelle Valls de Gomis] Les gentlemen de l'étrange (9€, Black Book)
http://lapilealire.blogspot.fr/2012/06/les-gentlemen-de-letrange-estelle-valls.html
http://teosilis.blogspot.fr/2012/07/les-gentlemen-de-letrange.html
* [Yan Marchand] Comme un poison dans l'eau (8€, Griffe d'encre)
http://teosilis.blogspot.fr/2012/06/comme-un-poison-dans-leau.html
http://fraizochocolat.wordpress.com/2012/07/08/comme-un-poison-dans-leau-yan-marchand/
* [Marie Lé-Camille] Les voyageurs (20€, Griffe d'encre)
* [Sophie Jomain] Les anges mordent aussi (18€, Rebelle)
http://castelplatypus.blogspot.fr/2012/06/les-anges-mordent-aussi.html
* [Roland C. Wagner] Le serpent d'angoisse (8€10, ActuSF)
* [Nicolas Debandt & Marc-Antoine Fardin] Iluvendal (19€90, Homme sans nom)